Marina
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Lettre à la plus grande des reines de France et de Navarre
 

   

Mes mains tremblent en écrivant cette lettre tant je suis émue d'écrire à Sa Majesté.

Votre Majesté,

Même si la France semble être tombée dans la folie au point de détester maintenant un régime qui fit son bonheur, une partie du peuple de France continue d'y croire et vénère votre royale personne et Sa Majesté Louis XVI, que Dieu nous a donné pour roi.

Les pamphlétaires n'ont point eu raison de moi: plus ils vous dégradent, plus je les hais. Je suis la seule de toute ma famille à croire en la monarchie et en notre roi, ainsi qu'en vous. Qu'importe. Si nous sommes dans un pays libre, comme le dit la Constitution, on ne m'en tiendra guère rigueur.

Tous les Français ne vous haïssent point, Majesté. Certains vous plaignent, d'autres vous vénèrent. J'ai réussi à me procurer un portrait de Sa Majesté et chaque fois que je passe devant lui, je ne manque point de le saluer. J'ai honte de ce que mes compatriotes vous font subir. Vous resterez à jamais pour moi la plus grande des reines.

Je remercie Sa Majesté de m'avoir accordé de son temps et je me permets d'adresser mes meilleurs sentiments à Mademoiselle Rosalie.

Veuillez agréer, Majesté, l'expression de mes meilleurs sentiments,

Marina



Très chère Marina,

Il semblerait que ma réponse ait mis du temps à vous retrouver. Je m’en excuse et mets cela sur le compte du temps, qui ne passe pas pour vous de la même manière que pour moi. Veuillez donc me pardonner, je vous prie.

D’abord, laissez-moi vous remercier pour votre lettre. Vos mots me touchent, ils me vont droit au cœur. J’ose espérer que vous dites vrai, chère Marina, et que tous les Français ne me détestent pas! Je sais que je ne devrais pas en douter, mais dans l’état où vous me trouvez, il m’est difficile de garder espoir.

N’hésitez pas à m’écrire de nouveau, j’ai bien besoin de divertissements! Les lettres que je reçois me permettent d’oublier quelques instants l’horreur de ma situation et de celle de mes enfants.

Marie-Antoinette