Romane
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Lettre
 

   

Chère Marie-Antoinette,
 
J’aimerais avoir de vos nouvelles, au sujet de votre santé et de votre moral. Savoir si vous allez bien, savoir où vous en êtes dans le cours de votre règne? J’ai beaucoup d’admiration pour vous, vous êtes une personne très connue, l’une des plus célèbres reines de France.

Et votre entourage? Votre famille? Vos parents, François de Lorraine et Marie-Thérèse d’Autriche, comment vont-ils? Vos enfants? Votre époux?

J’ai appris, il n’y a point longtemps, dans un magazine documentaire, que vous vous êtes mariée à l’âge de quatorze ans avec Louis XVI. Cela est très jeune, je trouve, mais ne vous vexez surtout pas de ce que je vous dis, je voudrais juste savoir si cela est vrai et si on vous a forcée à vous marier.

Je vous apprécie énormément car vous êtes une femme qui a marqué l’histoire de France. Je sais qu’on vous a surnommée «l’Autrichienne», car vous montriez sans discrétion vos origines.
 
Je sais aussi que lorsque la révolution a éclaté, vous étiez très affectée par la mort du dauphin Louis-Joseph, votre fils, et avez poussé le roi à résister. Vous avez réussi à affronter cette révolution, digne comme vous l’êtes, ce qui a étonné le peuple.

J’ai également su que vous étiez retenue aux Tuileries et que vous avez convaincu votre époux de vous enfuir. Malheureusement, vous avez été arrêtés et ramenés vers la capitale. J’aimerais savoir comment vous avez vécu ce choc émotionnel. J’ai appris que plusieurs de vos amis sont décédés lors de la révolution; je comprends tout à fait que vous soyez triste, car moi aussi je le suis.
 
J’aimerais avoir d’autres informations sur vous: vos origines, votre passé, ce que vous envisagez de faire à l’avenir. J’espère que vous lirez ma lettre et que vous me répondrez.

Je vous remercie de tout ce que vous avez fait pour la France. Sachez que j’ai beaucoup d’admiration pour vous.

Je vous prie d’agréer mes respectueuses salutations,

Romane


Chère Romane,

Vous me trouvez en la prison de la Conciergerie. Les gens dont vous me parlez nous ont quittés depuis longtemps et l’on m’interdit tout contact avec mes enfants. 

Mon mariage est une alliance comme tous les mariages princiers. «Forcer» n’est pas le terme pour le qualifier. Il s’agit simplement d’une alliance entre deux couronnes, scellée par un mariage.

Quant à mon avenir, il me paraît bien sombre. Dieu seul sait ce qui m’arrivera. Mais je ne perds pas espoir que mes enfants seront épargnés.

Au revoir, chère Romane et merci pour vos mots chaleureux!

Marie-Antoinette