Markus
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Les comtesses d'Artois et de Provence
 

    Chère Majesté,

J'aimerais savoir si vous vous entendiez bien avec vos deux belles-sœurs, la comtesse de Provence et la comtesse d'Artois. Il me semble qu'elles sœurs, sont-elles très liées entre elles? Et avec vous? J'ai ouï-dire que la comtesse d'Artois était délaissée par son mari, le comte d'Artois, et qu'elle se laissait consoler dans les bras des gardes du palais, et que vous interveniez souvent pour prendre sa défense quand son mari se moquait d'elle devant les courtisans. La comtesse de Provence, sa sœur, était-elle délaissée aussi par son mari?

Entreteniez-vous de bons contacts avec ces deux princes (d'Artois et Provence), futurs rois de France? Avaient-ils une bonne relation avec le roi Louis XVI, votre époux?

Il paraît que le Comte d'Artois a eu beaucoup de maîtresses, dont une certaine femme blonde, mulâtresse, Agnès. Est-ce vrai?

Bien à vous,

Markus

Cher Markus,

Pour vous dire la vérité, mes relations avec mes belles-sœurs n’ont jamais été excellentes. Leur caractère ne m’était pas agréable, nous n’avions que peu de chose en commun. Bien qu’elles fussent sœurs, elles n’étaient pas non plus très proches l'une de l’autre. La comtesse d’Artois se retrouvait parfois délaissée par son mari, dont j’ai le regret d’avouer les infidélités, et la comtesse de Provence l’était tout autant, mais pour des raisons différentes: le comte de Provence ne s’intéressait que peu à elle. 

Dès mon arrivée en France, je développai des liens étroits avec le comte d’Artois, dont le naturel gai et souriant était semblable au mien. L’austérité du comte de Provence et, j’ose le dire, sa jalousie, m’ont toujours quelque peu rebutées. Leurs relations avec le roi étaient cordiales, comme elles se devaient de l’être, mais sans grande affection familiale. Cela m’a attristée, surtout au début, moi qui, venant d’une famille tout impériale qu'elle fut, était habituée à entretenir des liens étroits et solides avec mes proches parents.

Quant aux conquêtes vraies ou fausses du comte d’Artois, vous me permettrez de m’abstenir de les commenter.

J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau, cher Markus.

Marie-Antoinette