Cécile
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Le 14 juillet 1789
 

   

Bonjour,

Un petit clin d'oeil, que de rédiger cette missive le 14 juillet... Date qui doit vous faire grincer des dents, très certainement!

Voilà quelques mois que je me passionne pour votre vie: je dévore vos biographies, je suis allée voir le film sur votre vie récemment (une déception par ailleurs...), et je suis même allée marcher sur vos pas dans votre domaine à Versailles il y a deux semaines (quelle beauté ce théâtre. Et cette tonnelle pour y acceder, magnifique en cette saison!).

Bref, j'ai un point de vue assez mitigé à votre égard, mais une réelle tendresse. Et je pense que le peuple français se repent quelque peu de toutes les horreurs dont vous avez été accablée jusqu'à présent... En effet, nos professeurs d'Histoire n'ont jamais été très tendres envers vous, et les livres d'Histoire ont certainement contribué à faire de vous cette incarnation du mal et du dédain.

Mais quand on se penche un tout petit peu sur votre vie, on voit que même si vous avez certainement des torts, vous n'étiez finalement qu'un pion politique, et que finalement, vous avez été en quelque sorte le bouc émissaire de toute la rage du peuple à la fin du 18e siècle. une tête de turc, en quelque sorte!

Bref, je voulais juste vous demander comment vous aviez vécu cette journée du 14 juillet 1789...

Très sincèrement, et à très bientôt je l'espère,

Cécile



Chère Cécile,

Plusieurs de vos contemporains m'ont fait parvenir des missives où ils m'expliquent la même chose que vous sur la manière dont les professeurs et gens d'histoire de votre temps racontent ma vie et m'accablent. Je ne peux que me réjouir que cette tendance change et que la vérité puisse enfin éclater!

Pour répondre à votre question, je n'ai pas beaucoup de souvenir du 14 juillet 1789, qui fut somme toute une journée comme les autres.  Pour nous, tout commença dans la nuit du 14 au 15 juillet, moment où le Roi fut averti des troubles qui avaient éclaté à Paris. Mes souvenirs concernent plutôt le lendemain 15 juillet et les jours suivants, où plusieurs courtisans décidèrent de quitter la Cour et où il y eut un remue-ménage monstre. De plus, il s'agissait de trouver une façon de calmer le jeu et toutes les discussions de mon entourage tournaient autour de ce point et des départs des gens que j'aime. Ce fut des journées très difficile, mais je vous assure que ce n'est rien en comparaison de ce qui était à venir. Ah, chère Cécile, que d'horreurs nous avons ensuite dû traverser! Que Dieu préserve mes enfants d'en connaître davantage!

Marie-Antoinette