Laura CASSARD
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


La vie familiale
 

   

Ma chère Madame la Reine,

En étudiant les textes historiques, je m’arrête souvent sur ce tableau de Vigée-Lebrun où vous figurez, vous et vos enfants. C’est un portrait splendide, qui plaît énormément du point de vue artistique, mais aussi je le trouve intéressant parce qu’il offre un coup d’œil sur votre vie familiale. Je sais que le berceau vide symbolise l’absence de la petite Sophie-Béatrix -quel malheur pour une mère! Mais je me demande ce que sont devenus les trois autres? Quel a été leur sort à l’époque de votre emprisonnement?

Vous m’excuserez, je vous prie, d’avoir abordé ce sujet d’une tristesse insupportable, et je vous offre mes condoléances pour les chagrins que l’histoire vous a apportés.

Veuillez agréer, Madame la Reine, l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Laura Cassard


Chère Laura,

Je vois très bien de quel tableau vous me parlez et je suis en tout point d'accord avec vous. Quel talent à Madame Vigée-Lebrun! J'ose espérer qu'elle se porte bien, où qu'elle soit. 

J'aimerais vous renseigner sur le sort de mes enfants, mais malheureusement, depuis que l'on m'a transférée ici, à la Conciergerie, je n'ai plus aucunes nouvelles d'eux. Tout ce que je puis vous dire est que ma fille Marie-Thérèse est enfermée au Temple et que mon fils, Louis-Charles, devenu Roi depuis la mort de son père, a été placé chez une famille dont le père est cordonnier, les Simon. Mon fils aîné, Louis-Joseph, nous a quittés en juin 1789, victime des nombreux maux qui l'assaillaient. Je ne puis vous en dire plus, puisque j'ignore moi-même tout de ce qu'ils deviennent. Je prie continuellement pour leur santé et leur vie et je ne perds pas espoir de les revoir.

Au revoir, chère Laura,

Marie-Antoinette