fred37600+voila.fr
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

L'amour de la France actuelle

    Votre Majesté,

Il y a déjà quelque temps, je m'étais permis de vous écrire, mais je crains que cette lettre ne vous soit parvenue. Je tenais à vous rassurer quant à l'amour que la France porte encore de nos jours à la famille royale.

Effectivement, soyez sûre que les Français ne sont pas tous favorables au régime républicain; il y en a encore, fort heureusement, qui souhaiteraient à nouveau revoir le trône de France occupé. Nous prions Dieu de nous entendre.

Cette année encore, moult messes furent dites le 21.01 en l'honneur de notre très estimé Louis XVI et nos prières se portèrent également sur votre noble personne et l'enfant-roi. Gageons qu'un jour les Bourbon retrouveront peuple et trône.

Votre majesté, je vous présente mes plus respectueuses salutations.

Votre dévoué Frédéric,

Vive le roi, et que Dieu protège Louis-Alphonse, notre Roi



Très cher Frédéric,

Je vous remercie de votre lettre chaleureuse qui me va droit au cur.

L'on me dit tant de choses contradictoires sur votre France que je ne sais plus quoi penser. Cependant, le fait que les gens de votre époque pensent encore au Roi mon époux et à mes chers enfants, tout cela me touche beaucoup.

Gardez espoir, cher Frédéric, comme je le fais moi-même.

À très bientôt,

Marie-Antoinette



Majesté,

Merci pour votre réponse, elle me va droit au coeur, ne doutant jamais de l'amour de vos sujets, même si, pour ma part, bien des éléments de politique de feu notre roi furent responsables de la mort de notre monarchie. Louis n'avait pas cette fibre de dirigeant, et je reproche beaucoup à Maurepas de l'avoir toujours maintenu dans cette vision de monarchie non évolutive. Votre beau-père est bien responsable aussi; une éducation avec le spectre du duc de Bourgogne, la vision de Fénelon qui ne pouvait que maintenir Berry futur roi dans l'idée que la monarchie était et demeurerait toujours la même; eh bien non, les choses sont en mouvement perpétuel, l'erreur du roi est de ne pas avoir vu ce changement, quelle tristesse... mais comme je vous le disais, on ne lui a jamais appris à voir le monde, on lui a offert un monde défini en lui faisant croire qu'il ne changerait jamais...

Par sa gentillesse et l'amour de sa famille (le peuple), il aura été le Roi des rois. Ce saint homme est devenu le martyr du siècle, expiant les faux pas de Louis XIV et de Louis XV...

Il a payé pour les autres, ce n'est pas juste. On lui a appris à douter en ne le considérant jamais à sa juste valeur. La France en paye le lourd tribu...

Majesté, mes sentiments les plus respectueux s'envolent vers vous, et je me permets ce crime de lèse-majesté de vous embrasser tendrement.

Votre dévoué Frédéric, à jamais vôtre.