Michel
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

La crypte des Capucins

    Très chère Reine,

Par le passé, j’ai déjà eu le privilège de correspondre avec Votre Majesté. Je vous ai même appris le sacrilège de la crypte royale de Saint Denis. Je vous présente mes excuses si cette nouvelle vous a peiné!

Il y a peu je suis allé voir une nouvelle œuvre cinématographique qui raconte la vie de Votre Majesté et plus particulièrement la période où vous avez quitté Vienne jusqu’à la fin de votre vie d’insouciance à Versailles. Je trouve que la réalisatrice a pris quelques libertés vous concernant et plus particulièrement certaines scènes ou elle évoque votre relation avec le Comte Fersen. Vous y êtes montrée comme une femme infidèle qui a trompé sans aucun scrupule son époux avec le gentilhomme suédois.

La semaine dernière je suis allé à Vienne. J’ai eu le plaisir de visiter le château de Schönbrunn, endroit qui a vu naître et grandir Votre Majesté, et le magnifique parc ou vous avez joué avec vos frères et sœurs. Quelle belle ville que Vienne!

J’ai également eu l’honneur de me recueillir sur la tombe de vos parents. J’ai eu à cet instant une pensée pour vous qui n’avez jamais eu ce privilège. Je me suis également arrêté un instant devant le cercueil de deux de vos sœurs, Marie-Christine et Marie-Caroline. J’aimerais justement savoir quelles étaient vos relations avec ces deux dernières mais aussi avec votre père.

Avec mon plus profond respect,

Michel


Très cher Michel,

Vous me voyez heureuse d’avoir de nouveau l’occasion d’échanger avec vous. J’ose espérer que vous vous portez bien.

Je vois, par ce que vous m’écrivez, que même de votre temps, on continue à rapporter toutes sortes de ragots à mon sujet. Il me semble que ce soit là le sort des grands de ce monde, et je vous avoue que dans l’état où vous me trouvez, je ne m'en soucie que très peu. Il faut croire que j’en ai pris l’habitude! Quelle tristesse! 

Vous me faites ressouvenir de ce bon temps passé à Vienne, dans mon enfance, en compagnie de ma famille. Pour répondre à votre question, je n’ai pas beaucoup de souvenirs de Marie-Christine, qui est beaucoup plus âgée que moi et s’est mariée alors que je n’avais qu’environ dix ans. J’étais par contre beaucoup plus proche de Marie-Caroline. Je garde aussi de bons souvenirs de mon père, l’Empereur, bien qu’il ait quitté ce monde très tôt, en 1765. Tout cela me paraît si loin maintenant…

À très bientôt, cher Michel,

Marie-Antoinette