Anaïs
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

La cour de Vienne

    Très chère Marie-Antoinette,

Je fais actuellement des recherches sur votre vie à Vienne. En quoi la cour de Versailles était-elle différente de celle de Vienne?

Avez-vous des souvenirs de votre père François-Etienne de Lorraine décédé lorsque vous n'aviez que dix ans?

Suite à sa mort, votre mère a dû prendre en main les affaires du royaume. Qui s'occupait de vous? Comment occupiez-vous vos journées? Est-il exact que vous avez reçu une éducation tardive?

À votre arrivée à la cour de France, aviez-vous des amis, des gens à qui parler? Quelle était votre relation avec Louis XV? A-t-il été un second père pour vous?

Mes amitiés,

Anaïs


Très chère Anaïs,

Il m'est très difficile de comparer la Cour de Versailles et celle de Vienne, et ce pour plusieurs raisons. D'abord parce que je quittai la Cour de Vienne alors que j'étais encore si jeune. Je n'ai de cette dernière que la vision d'une enfant et non celle de la femme et de la Reine que je suis devenue. Il est évident que je ne vivais pas la même vie là-bas mais comment pourrais-je les comparer? Au point de vue Étiquette, les deux Cours se comparent, bien que certains point d'Étiquette soient différents. Elle est aussi importante dans les deux Cours.

En ce qui concerne mon père, je n'ai de lui que peu de souvenirs. J'étais si jeune! Ce que je me sais, c'est que ma mère s'occupait déjà des affaires du royaume bien avant sa mort. Comme dans le cas de tous les enfants royaux, ce sont des gouverneurs qui s'occupaient de l'éducation de mes frères et soeurs ainsi que de la mienne. J'ai reçu une éducation régulière, pour laquelle je vous avoue n'avoir jamais eu beaucoup de goût. Ce que l'on m'enseigna plus tardivement, c’est surtout les choses relatives à mon futur rôle de Reine de France. Mais la lecture et l'apprentissage ont de tout temps été des choses pénibles pour moi, qui n'ai jamais aimé l'étude et qui ne pensait qu'à m'amuser!

Je n'avais que peu de gens à qui me confier lors de mon arrivé à Versailles. Il y avait bien Monsieur de Mercy, mais il me grondait régulièrement en me rappelant mon devoir. Il était surtout chargé par ma mère de veiller sur moi. Il y avait aussi Madame de Noailles ainsi que Mesdames les filles du Roi mais ce n'était pas des amies au sens où vous l'entendez. Et donc il m'était difficile de me confier ou de parler à qui que ce fût, surtout dans les débuts.

Mes relations avec le Roi Louis XV était excellente. Je le considérais un peu comme un grand-père et un père, il m'adorait et je l'aimais beaucoup aussi. Ces liens se tissèrent dès mon arrivé à la Cour de France.

Comme vous me ramenez loin dans le passé! Même si ces moments furent difficiles, il y eut aussi des moments de joie, de bonheur… et me les rappeler en ce moment me fait du bien. Merci de m'aider à me changer les idées, chère Anaïs.

À bientôt, très chère Anaïs,

Marie-Antoinette