Je vous aime
       

       
         
         

Alfred

      Majesté,

Vous me manquez beaucoup, vous étiez belle et jeune, ce qui n'arrive plus jamais aux «premières dames de France», vous aimiez rire, danser, jouer, et caresser les moutons.

Vous aviez fort bien élevé vos fils et votre fille, et conseillé très intelligemment le Roi votre époux, même si Varennes fut un échec (on dit maintenant un fiasco).

J'aurais voulu vous protéger de la fureur de la populace ignoble qui promenait sous vos fenêtres la tête de la Princesse de Lamballe (plus fréquentable quand même que Mme de Polignac).

De votre temps (avant 1789), c'était le bon temps.

Majesté, je vous aime; je suis allé à la déposition du coeur de l'un de vos fils et je pensais à Vous. Vous méritiez mieux.

Votre fidèle sujet,

Alfred

 

       
         

Marie-Antoinette

      Cher Alfred,

Que de belles paroles vous m'avez écrit ici et qui ont su me toucher si agréablement! Cela m'a réchauffé le coeur de les avoir lues, et tout particulièrement ici, dans l'endroit froid, triste et morne où je me trouve présentement.

Amicalement,

Marie-Antoinette