Flore
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

Jeanne de la Motte est-elle vraiment une Valois?

    Votre Majesté,

Savez-vous si Jeanne de la Motte était vraiment une descendante des Valois? J'en doute.

Et de plus, elle n'aurait jamais été comtesse. Est-ce vrai?

Je sais que vous haïssez, à raison, cette femme mais je ne sais à qui me renseigner à ce propos.

J'espère que ces questions ne vous feront pas violence.

Respectueusement,

Flore



Chère Flore,

Cette Jeanne de la Motte n'est qu'une voleuse et une menteuse! Je n'ai pas fait sa généalogie et je n'y tiens pas! On a dit qu'elle était une descendante bâtarde des Valois mais je ne me soucie guère de savoir si cela est vrai ou non, comme je ne me soucie guère de savoir si elle est une véritable comtesse! Sa place, et non la mienne, est en prison!

Au revoir, chère Flore,

Marie-Antoinette



Votre Majesté.

Je m'attendais à vous froisser en vous parlant de Jeanne de la Motte et j'en suis désolée. C'est pour cela que je vous ai dit que j'espérais que ces questions ne vous feraient violence.

En ce qui concerne la rumeur de la paternité du comte de Fersen, à propos de Louis Charles, la pauvre Anne d'Autriche, reine de France et mère du roi Louis XIV, fut aussi victime de ce genre de calomnies, ayant vécu longtemps sans avoir d’enfants.

Si vous aviez pu voir la misère qui régnait à Paris, auriez-vous mené une vie plus économe dans vos jeunes années?

Lorsque vous fûtes mis au courant des difficultés du peuple, avez-vous vendu quelques biens pour subvenir à leurs besoins?

Respectueusement, Flore.



Chère Flore,

Je ne nie pas qu'il y avait de la misère à Paris. Mais je me dois de vous dire que le Roi fit toujours tout ce qu'il put pour la diminuer et même la faire disparaître, quitte à donner l'exemple en diminuant les dépenses de la Cour. Cela dit, je ne crois point que ces dernières étaient extravagantes, même dans mes jeunes années. Cependant, il est certain que l'on ne donne jamais assez aux pauvres et je suis triste à chaque fois que l'on m'accuse de n'avoir pas pensé à eux.

À bientôt, chère Flore,

Marie-Antoinette