J.P.L.
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

J'attends votre retour

    Ma très chère Majesté,

Après la révolution, la France, votre patrie, mit cent cinquante années environ à s'apaiser. Aujourd'hui, en l'an de grâce 2006, nous vivons en république. La géographie de votre pays a, finalement, peu changé. En ce qui concerne la métropole et le reste nous ne possédons plus rien, si ce n'est quelques îlots par ci par là.

Sur le plan politique, nos dirigeants nous demandent tous les jours de faire des efforts mais nous ne voyons jamais le bout du tunnel. Sur le plan économique, c'est encore pire: nous détenons le douzième niveau de vie en Europe et c'est pis encore au niveau mondial.

L'Amérique est devenue la grande puissance de notre siècle. Nos Présidents, élus avec vingt-six pour cent des voix en général, sont les Présidents de tous les Français. Notre armée est incapable d'assurer notre sécurité. L'Europe se fait au détriment des peuples. Par ailleurs, nous comptons cinq millions de chômeurs. La peine de mort est abolie depuis vingt-cinq ans, même pour haute trahison et meurtres en série. Les faibles meurent de froid l'hiver et au bout de trente morts environ, nos dirigeants, démocratiquement élus, prennent des décisions pour que cela cesse.

Les Français adorent les rois venus d'Angleterre, sauf que les Anglais nous détestent TOUJOURS.

Je souhaite que votre famiile revienne aux affaires car la France se meurt. Mais pour autre chose que pour couper les rubans. Sur ce, tous mes respects à votre époux, Louis, métallurgiste comme moi.

J.P.L.


Cher JPL,

Il semble, d'après ce que vous m'écrivez, que la République n'a pas su faire mieux, malgré ses belles promesses. Je ne peux m'empêcher de m'en réjouir secrètement, bien que les maux que semble connaître la France de votre temps me touchent beaucoup. Je ne souhaite pas, comme je n'ai jamais souhaité, de malheurs aux Français! J'espère que, dans l'avenir, vos dirigeants sauront prendre les bonnes décisions et que le peuple s'en portera mieux. Quant à ma famille, je n'en connais pas l'état dans votre temps, mais je ne peux que souhaiter son retour. Les Rois étant les pères de leur peuple et n'ayant aucun autre intérêt à gouverner que le bonheur de celui-ci, ils ne peuvent que bien servir leur sujet et leur apporter le bien-être.

Aurevoir, cher JPL,

Marie-Antoinette