Melle Lulu
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Étiez-vous si horrible?
 

    À Pessac, le 7 février 2008

Chère Marie-Antoinette,

Je suis une élève de 4e au collège Noes, je vous écris pour un travail, car il porte sur l'épistolaire et après avoir lu les vôtres, que j'ai trouvées très intéressantes et très bien écrites, je vous ai choisie.

Tout d'abord, je tiens à vous préciser que je vous admire, vous êtes une femme forte de caractère et intelligente, mais votre mari, Louis XVII, vous aimait-il vraiment? Et vous, qu'en était-il de l'amour que vous aviez pour lui? Savez-vous où il se trouve à présent? Est-il avec vous? Et qu'en est-il de vos enfants? Pour une mère, il doit être abominable de ne pas savoir où sont et comment vont ses enfants. Alors que vous êtes enfermée, vous devez imaginer bien des choses. Aujourd'hui certaines personnes prétendent que vous étiez une femme qui ne pensait qu'à l'argent. Mais comment vivre dans une telle «publicité» où l'on sait tout sur vous et où les ragots vont de bon train. Je vous plains et espère que vous oublierez toutes ces histoires sur vous. Je souhaite que Dieu vous aide à pardonner tous ces gens et vous protège.

En espérant que vous recevrez ma lettre dans la prison et que vous me répondrez rapidement.

Au revoir,

Mlle Lulu

Très chère Lulu,

Je vous remercie pour votre lettre, vous lire me permet quelques moments d’évasion, moi qui suis enfermée ici, à la Conciergerie. Il me fait bien plaisir de répondre à vos questions.

Je dois d’abord vous corriger sur un petit détail: je suis veuve du roi Louis XVI. Depuis sa mort, et suivant les règles établies depuis des siècles, mon fils lui succède. C’est lui qui, lorsque nous serons enfin libres, sera appelé Louis XVII. J’avais pour mon époux beaucoup d’amitié, et lui pour moi. Nous n’avons jamais vécu ensemble une histoire d’amour passionnée, nous étions si différents…

Je ne sais pas ce qui arrive à mes enfants et c’est là ma plus cruelle souffrance. Je ne me soucie que peu de mon sort, mais ne pas connaître celui de mes enfants m’est insupportable. Vous avez raison, dans ces circonstances il est bien facile pour mon imagination de s’emballer mais je me l’interdis du mieux que je peux. Tout ce que je sais, c’est que mon fils est sous la tutelle d’un homme nommé Simon et qu’au moment de mon départ, ma fille logeait encore avec nous au Temple. J’espère de tout coeur qu’elle y est encore avec sa tante Élisabeth.

Encore une fois merci, chère Lulu, pour votre lettre. N’hésitez pas à m’écrire de nouveau.

Marie-Antoinette