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écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

De Nouvelle-France

   

Pour vous, Majesté, une missive en provenance de la Nouvelle-France. Cette lettre vous vient de loin,car votre Grandeur a su transcender les frontières et les époques. Je vous écris d'autant plus loin que nous sommes en 2005, et je voulais vous dire que vous avez su marquer l'imaginaire par votre grâce de Reine. L'image que nous gardons encore aujourd'hui d'une Reine est celle d'une icône sachant insuffler le goût du jour, grandeur et romantisme. De nos jours, aussi tourmentés qu'à votre époque,nous appellons ce genre de personne charismatique une «super star». J'ai une admiration sans borne pour votre personne autant que votre courage. Étant mère moi-même je vous admire de tout coeur d'avoir su garder votre dignité dans l'adversité et de jamais avoir voulu fuir sans vos enfants.

J'ai visité Versailles et ses jardins à l'âge de douze ans et je me rappelle encore comment votre histoire, que j'entendais pour la première fois, a frappé mon coeur et mon imagination, d'autant plus que ma visite se faisait l'année du deux centième anniversaire de la prise de la Bastille (qui n'existe plus aujourd'hui). Depuis je vous voue une admiration sans borne et votre histoire me fascine de plus en plus au fil de mes lectures vous concernant. Comme j'aurais aimé vous rencontrer! Ma question est délicate pour vous, mais je voulais savoir si vous pouviez allaiter vos enfants vous-même ou si vous deviez impérativement faire appel à une nourrice? Je vous admire aussi d'avoir dû accoucher en public, vous avez toute ma compassion pour ce difficile moment durant lequel vous avez dû doublement souffrir.

Je vous aime de tout coeur, ma Reine, et puisse le cours de l'Histoire changer pour vous voir atteindre la paix d'esprit et de coeur que vous méritiez.

Votre fidèle sujète de la Nouvelle-France,

Mélanie



Très chère Mélanie,

Que de beaux mots, que de réconforts dans ces mots! Je vous remercie de me les avoir écrits, ils me touchent beaucoup. Certains de vos contemporains m’écrivent que le souvenir que j’ai laissé est celui de la plus mauvaise Reine, voire la plus mauvaise femme qui ait existé! Je vois que ce n’est pas le cas, et que cela dépend sûrement des yeux qui regardent.

Je répondrai avec bonheur à votre question. Je ne pouvais pas allaiter mes enfants et je n’aurais eu aucune envie de le faire. Je ne sais pas comment cela se passe en 2005, mais cela ne se voit pas ici, que les femmes qui sont en moyen allaitent leurs enfants. Cette pratique est même considérée comme dégradante, presque barbare. Est-ce toujours le cas pour vous?

Vous me dites que vous êtes une mère vous-même. Puis-je me permettre une question? Combien avez-vous d’enfants? Sont-ils garçons ou filles? Pardonnez ma curiosité, mais les enfants ne sont-ils pas un beau sujet de conversation?

À bientôt, très chère Mélanie, et merci encore pour votre lettre,

Marie-Antoinette