Le citoyen Maurice
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Débat sur la tyrannie
 

   

Très chère Madame, mon petit chou d'amour,


Comme vous le savez, je trouve tyrannique le pouvoir d'un seul homme, peu importe le titre et la nature du tyran. Aujourd'hui, je viens répondre à l'une de vos questions, d'ordre politique.  

Vous m'avez demandé: «Ne trouvez-vous pas que "la tyrannie" c'est à dire le pouvoir détenu par un seul homme, est le cas de tous les chefs d'état, qu'ils soient rois, présidents ou tout autre chose?»
 
Réponse: non, pas forcément ...

Mais quand le représentant du peuple oublie ses devoirs, la tyrannie s'installe très vite et la «République» change alors de nom. Elle devient une «dictature». C'est pourquoi il faut séparer l'exécutif du législatif et contrôler étroitement les faits et gestes des ministres, sénateurs, députés, conseillers généraux, maires, etc. en les soumettant à la volonté du peuple, et non pas l'inverse.

Défendre et protéger la démocratie est un combat de tous les jours.

Tout cela, vous le savez parfaitement, tout aussi bien que moi. Vous êtes très belle, mais aussi trop intelligente pour ignorer cela. C'est pourquoi votre question m'a surpris et vous m'étonnez au point de me faire croire que vous me prenez pour votre dupe.

Non, un président n'est pas forcément un tyran. Cependant, sachez qu'on a le gouvernement qu'on mérite. Le peuple est souvent inconscient et endormi, comme par exemple cette Brigitte qui a cherché à m'attaquer sur Dialogus. C'est dommage, car les citoyens français, comme ceux du monde entier, se doivent de veiller sans relâche à corriger toutes les dérives vicieuses de la politique. La liberté est à ce prix!

Pauvre petit cœur brisé, mon pauvre petit chou d'amour, vous savez que je vous aime beaucoup. Je vous envoie encore une fois un très doux baiser et je demeure près de vous chaque jour. Avec moi, vous n'êtes pas seule dans la souffrance.

Vive la République!

Le citoyen Maurice


Cher monsieur Maurice,


Je vous remercie d’avoir répondu à ma question. N’étant pas familière avec les démocraties de votre temps, je ne sais pas comment ont évolué les choses depuis le mien.

Vos bons mots à mon sujet me touchent et je suis ravie de pouvoir continuer la discussion avec vous. Je sens du respect entre nous et cela me plaît.


J’espère avoir le plaisir de vous lire à nouveau,

Marie-Antoinette