René
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Comment peut-on faire autant de mal à une femme?
 

   

Madame,
 

Je sais dans quel endroit vous vous trouvez et combien vous en souffrez. Comment peut-on pousser la haine bestiale jusqu'à mettre une reine de France dans un cachot immonde? Je vous avais écrit il y a quelques mois, mais je n'ai malheureusement pas obtenu de réponse.
 
Après vous avoir bafouée, insultée, tué le roi votre époux, un homme si bon, qui aimait son peuple et sa famille, vous avoir séparée de vos enfants et de cette sainte femme Madame Élisabeth, j'ai beau être né deux cents ans après vous (mille neuf cent cinquante-cinq), j'ai toujours éprouvé de la haine contre ces barbares qui vous ont maltraitée et tant fait souffrir. Comment peut-on, quand on se dit un homme, faire autant de mal à une femme, fût-elle reine ou simple particulière?
 
J'ai beaucoup lu sur vous, et j'ai souvent pleuré de vos malheurs à vous et à votre chère famille. Je vous écris de l'an deux mille douze, et je vous assure, ma reine, que vous êtes restée dans le cœur de beaucoup de Français et de bien des étrangers.
 
Les Républicains qui parlaient d'égalité, de fraternité et de liberté, les hommes et femmes politiques de cette engeance occupent les palais qu'ils reprochaient aux nobles de votre époque; ces «Républicains» sont plus riches que n'importe quel roi qui ait régné et se fichent bien du peuple qui retombe dans la misère!
 
Courage, Madame! Je sais que vous en avez beaucoup et je profite de ce message pour remercier cette bonne Rosalie de s'occuper de votre personne avec la plus grande gentillesse. Cette jeune fille est entrée dans l'Histoire grâce à sa bonté envers Votre Majesté.
 
Dieu saura reconnaître les siens et punir les barbares qui vous font tant de mal. Permettez-moi de vous baiser la main respectueusement.
 
Vive le roi, vive la reine! Opprobre sur le 10 août!
 
René


Cher René,

Je reçois à l’instant votre seconde missive. Je vous remercie encore une fois pour vos bons mots qui me vont droit au cœur. J’essaie de ne pas perdre courage bien que, je l’avoue, il me soit bien difficile de garder espoir.

Marie-Antoinette