Fabien
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

C'est inacceptable

    Chère Reine,

J'ai eu l'occasion de lire des livres sur vous et je me suis mis à votre place. Je pense que j'aurais fait la même chose que vous, sauf pour la fuite à Varennes, que je n'ai pas comprise.

Mais vous étiez dans une situation délicate: France sans argent, France affamée, France violente, France énervée, etc...

Je pense très sincèrement que vous et votre mari avez été victime d'une horrible situation dont vous n'aviez pas l'habilité nécessaire pour vous sortir. Mais je pense que les Francais auraient tout de même pardonné à leur reine toutes ses difficultés. Ils vous en ont voulu tout de même à mort, à cause de vos amusements à Versailles et aussi parce que vous avez été trop proche de l'Autriche qui était ennemie de la France.

Vous avez certainement été quelqu'un de bon, de triste, d'attachant et j'ai du mal à pardonner à ma patrie tout le mal qu'elle a pu vous faire. C'est inacceptable! Même a mon pire ennemi, je ne lui aurais jamais détruit ce qu'il est au fond de lui!

Merci.

Fabien



Cher Fabien,

Vous savez, je crois sincèrement que ce ne sont pas tous les Français qui en ont voulu au Roi mon époux, ou qui m'en veulent à moi-même. Tous les Français ne sont pas révolutionnaires. Plusieurs nous sont resté fidèles et je me dois de garder confiance en l'avenir, ne serait-ce que pour mes enfants.

Il est vrai que l'on m'a accusée d'être trop proche de l'Autriche. Mais je puis vous assurer qu'il n'en est rien. J'ai toujours tout fait pour être acceptée et aimée des sujets du Roi et je ne me reproche rien à cet égard.

Je vous remercie pour votre lettre, qui me touche beaucoup.

Au revoir, cher Fabien,

Marie-Antoinette