Margaux
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Ce que vous pensez de votre vie
 

    Collège Noës de Pessac, le 31 janvier 2008

Chère Marie-Antoinette,

En tant qu'élève de 4e je me devais de vous écrire, cela fait partie d'un projet sur l'épistolaire. Je vous ai donc choisie, car vous êtes une personne connue mais finalement je ne vous connais guère. Par contre, j'ai entendu beaucoup de rumeurs selon lesquelles vous seriez très dépensière et que vous ne vous occuperiez point de votre peuple. C'est pourquoi je ne comprends pas que vous n'ayez pas prévu cette révolution qui a marqué votre vie à jamais.

Peut-être n'avez-vous pas eu une vie facile, il paraît pourtant que vous êtes très romantique (je trouve cela très bien à une époque rude comme le vôtre).

J'ai lu aussi dans vos correspondances que beaucoup de personnes vous traitent avec mépris, je ne comprends pas pourquoi les gens sont si négligents, personne ne connaît vraiment votre pensée; au moment où je vous écris, je suis dans une classe, au chaud alors que vous êtes dans une froide et lugubre prison. Dans le monde actuel, vous représentez la beauté et le mépris, mais moi je vous vois comme la féminité l'amour et le romantisme. Je pense que vous comprendrez qu'une adolescente comme moi ne soit pas très claire dans ses propos, pourtant je ne vous demande pas beaucoup de choses si ce n'est que de m'éclairer un peu sur votre façon de penser vis-à-vis de votre vie, si vous l'aimez, si vous vouliez la changer...

Tout cela pour que je puisse enfin me fier à des propos argumentés et réels plutôt qu'à des rumeurs et des paroles ingrates...

Bien à vous ,

Margaux

Chère Margaux,

Vous dites vous-même le mot qui explique tout: rumeurs. Comment se fait-il que certaines personnes y ont cru? Je n’en sais rien. Mais cela n’explique pas la Révolution. Avec le recul, je peux voir certaines situations qui auraient pu nous faire craindre certains troubles… mais comment aurions-nous pu nous douter d’une telle violence? D’une telle conclusion?

Votre vision de ma personne n’est pas fausse. J’ai longtemps été cette femme ne se souciant guère de politique, aimant s’amuser, aimant ses amis et ses enfants… Cette femme me paraît bien loin maintenant. Je ne souhaiterais pas changer ma vie. J’ai apprécié mon parcours, malgré les obstacles et les moments difficiles. Je ne peux vivre sur des regrets. Mais j’avoue que si je pouvais changer quelque chose, ce serait peut-être mon intérêt pour les événements se produisant autour de moi. J’ai mis beaucoup de temps à m’intéresser à ces choses. Peut-être aurais-je dû m’en soucier plus tôt. Cela aurait-il changé quelque chose? Je ne sais pas. Sinon, j’assume ce que je suis et qui je suis. Si j’ai fait des erreurs, elles étaient sans malice, sans intention de blesser. Me comprenez-vous?

N’hésitez pas à m’écrire encore, chère Margaux, il me fera plaisir de vous lire de nouveau.

Marie-Antoinette