Blandine
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


Calomnies
 

   

Votre Majesté,

Je ne sais trop comment m'exprimer vis-à-vis de vous; vous m'intimidez beaucoup. Tout d'abord, je vous admire et vous respecte infiniment. Personnellement, je n'ai guère d'opinions politiques, mais je pense que le régime royaliste avait du bon, quoi qu'on en dise, et j'ai d'ailleurs un ami, fervent royaliste, qui vous voue une sorte de culte.

J'ai étudié de nombreux ouvrages vous concernant et je suis absolument convaincue que vous n'avez fait aucun mal au peuple. Peut-être votre époux a-t-il été mal conseillé; peut-être aussi la famille d'Orléans a-t-elle manipulé ledit peuple, comme certains le pensent, pour s'accaparer le pouvoir. Quoi qu'il en soit, je suis convaincue de votre innocence et de votre bonne volonté. Vous ne méritiez nullement ces immondes calomnies. J'espère que cela vous mettra un peu de baume au cœur de savoir que certains en ont conscience.

Salutations,

Blandine.



Chère Blandine,

Je vous remercie pour votre lettre. Elle me va droit au cœur. D’autant plus que vous me trouvez dans un état où il m’est bien difficile de garder espoir, où je vois l’homme sous son plus mauvais jour.

Certains de vos contemporains m’ont fait part de cette mauvaise réputation qui est la mienne dans votre temps. Cela me désole. Alors en vous lisant, je suis heureuse de voir que des personnes comme vous peuvent se faire une autre idée, et ne pas s’arrêter seulement à ces calomnies que l’on semble encore colporter sur mon compte, et cela tant d’années après mon temps.

J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau,

Marie-Antoinette