Bal et hôpital
       

       
         
         

André Caron

      Lorsque la tempête est arrivée en 1789 vous n'aviez pas acquis la sympathie du peuple français. Si au moins vous aviez au cours de votre règne édifié un hôpital ou une maison d'accueil pour les pauvres et si l'on vous y avait vu quelques fois visiter des malades et panser des plaies à l'image d'Anne d'Autriche! Qui sait si cela n'aurait pas diminué le flot de haine! Les bals étaient certes plus attrayants pour une jeune reine, mais cela s'explique moins lorsque vous avez atteint une certaine maturité. Regrettez-vous de ne pas l'avoir fait?

André Caron
Québec

 

       
         

Marie-Antoinette

      Cher monsieur Caron,

Je me suis longtemps demandé pourquoi le peuple français ne m'avait pas aimé comme je l'aimais et je vous avoue bien humblement que parfois, je me le demande encore. J'ai tout de même compris beaucoup de choses dans les dernières années. Je ne nie pas avoir été frivole dans ma jeunesse, bien au contraire. Mais durant les dernières années précédant 1789, je me suis efforcée de m'amender et je ne peux conclure à autre chose que le fait qu'il était déjà trop tard, que les Français avaient trop porté d'attention aux ragots plutôt qu'à ce qui était vraiment. Je sais cependant que ce ne sont pas tous les Français qui me haïssent. Et croyez-moi bien sincère lorsque je vous dis que j'ai toujours souhaité être une bonne reine pour mes sujets. Il m'est très difficile de répondre à votre question. Est-ce que cela aurait vraiment changé quoi que ce soit que je panse des plaies à des malades ou des blessés? Peut-être, peut-être pas. Ce qui est fait est fait et ce qui est certain est que j'ai toujours aimé le peuple français, même sans panser des plaies ou visiter des malades.

Il faut maintenant regarder vers l'avenir et espérer.

Marie-Antoinette