Sonia
écrit à

   


Marie-Antoinette

     
   

À la rose de Versailles

   

À Sa Majesté Marie-Antoinette

Permettez-moi, ma Reine, de vous adresser la parole pour vous rendre hommage. Permettez-moi de vous dire à quel point cela m'attriste de vous voir dans cet état. Ô ma Reine, ne désespérez pas car notre Dieu saura châtier scs gueux assoiffés de sang. Madame votre mère et monsieur votre fils Louis Joseph veillent sur vous depuis le ciel. Je voudrais vous dire que je serai fidèle à vous jusqu'à mon dernier souffle, mon bonheur est de vous servir, ordonnez, j'obéirai. Permettez-moi de vous dire que vous êtes trop bonne pour la France et les Français qui n'ont jamais compris et admis tous les sacrifices consentis par Votre Majesté. Ils ne vous méritent pas. En n'attendant une réponse de votre Majesté, permettez-moi de prendre congé de vous.

Amicalement vôtre,

Sonia



À l'attention de Sa majesté la Reine Marie-Antoinette de France.

Tous d'abord, je remercie Votre Majesté de bien vouloir lire et répondre à nos lettres. Nous sommes inquiets pour vous, ma chère Reine. Pardonnez-moi car dans la dernière lettre, je me suis laissée emporter par la colère qui ronge mon coeur, mais aussi, pardonnez mon français qui n'est pas aussi bon que le vôtre. Je voudrais vous demander, Madame, de bien vouloir accepter mes services et devenir ainsi votre amie, confidente et servante la plus dévouée car rien ne me fait plus plaisir. Madame, je ne vis que de tourments et rien ne peut me faire oublier ce que ces misérables ont osé vous faire. De toute ma vie, je n'ai aimé que deux personnes: ma princesse Diana Spencer (la Rose d'Angleterre) et vous, Madame, (la Rose de Versailles), et croyez-moi, Madame, quand je vous dis que vous vous ressemblez dans beaucoup de choses. Par exemple votre beauté intérieure et extérieure à toutes deux. Vous croyez à l'amour réel, vos coeurs sont si purs, on dirait ceux des anges, vous croyez en l'amitié et vous faites tout pour vos amies. Mais votre plus grand point commun est votre grand amour inépuisable pour vos enfants. Rien n'est plus beau que l'amour d'une mère pour ses enfants. Malheureusement pour moi, j'ai perdu ma princesse. Elle est morte le 31 août 1997. Je déteste ce mois qui a pris ma princesse sans avoir eu la chance de lui dire que je l'aime. Depuis sa mort, je n'ai pu célébrer mon anniversaire (8 août 1980).

Pardonnez-moi, ma Reine, d'avoir parlé autant de moi. Je suis du signe de lion et d'après ma famille je suis une personne rêveuse, et ils n'ont pas tort car je vis dans les souvenirs de ceux que j'aime mais aussi d'un beau rêve, celui de voir un jour la création d'une machine à voyager dans le temps. Je serai la première à entreprendre ce voyage dans le passé pour venir vous sauver et vous offrir ma vie, mes services et mon avenir. Je trouverai le moyen et le remède qui vous fait défaut dans votre temps pour sauver monsieur votre fils, le dauphin Louis-Joseph, et sur ce sujet pardonnez-moi, Madame, car je sais qu'il est pénible pour vous de parler de sa maladie, mais je vaudrais plus de renseignements sur les symptômes et les signes de cette terrible maladie qui vola la vie du dauphin et brisa votre coeur.

Madame, ne croyez pas que j'ai perdu la raison, après tout n'est-il pas vrai que dans le passé lointain les hommes croyaient que la terre était plate et qu'elle était le centre de l'univers et qu'on voyait monsieur Galleleo Gallélé comme un fou, il était aussi inconcevable qu'on pût entreprendre un voyage à partir de l'ouest et qu'il n'y avait rien là-bas, mais sir Christophe Coulomb a démontré le contraire et qu'il y avait des terres là-bas (l'Amérique). Et dans votre temps, Madame, il est impossible de penser qu'un homme puisse voler ou voyage sous la mer et les océans, il est aussi inimaginable qu'on puisse voyager dans l'espace et voir la Terre à partir de la Lune. Mais tout cela est arrivé, Madame, et ce ne sont que des exemples de l'avancée technologique. Pour ces raisons, je crois en ce rêve. Je vous prie, Madame, de ne pas me voir de la même façon que ma famille car rien ne pourra me faire plus mal. Madame, mon plus grand souhait est de mourir et verser mon sang pour vous sauver et sauver votre famille. J'aimerais être comme monsieur de Fersen qui est resté fidèle à votre Majesté et à votre amour jusqu'à la fin de sa vie et que ses dernières pensées sont allées à vous Madame.

Oh! Madame, même si je ne suis pas auprès de vous, je comprends vos sentiments et votre solitude et surtout vos craintes pour vos enfants, les minables ont touché le point faible de toutes les mères en vous séparant de vos enfants, même la mort ne peut vous faire plus mal c'est pour cette raison que je ne peux voir ces gueux comme des humains car il faut avoir vendu son âme au diable pour pouvoir faire une chose aussi abominable à une mère. Par leurs gestes, ils ont détruit une mère mais aussi ses enfants, des petits anges qui n'ont pas encore ouvert les yeux qu'ils se retrouvent dans ce monde impitoyable. Aucun enfant ne peut vivre sans sa mère et surtout avec des gens qui ont osé assassiner monsieur leur père le roi de France. Pour tout cela, je les maudis. À chaque fois que je pense à tout ceci, je ne peux m'empêcher de vous pleurer.

Croyez, Majesté, que je voudrais être auprès de vous en ces moments difficiles, pour vous consoler et vous soutenir. Je rends hommage à monsieur votre époux, le roi de France, qu'il n'en déplaise à ces soi-disant révolutionnaires, vous devez être fière de lui, Madame, parce qu'il est resté roi jusqu'à la fin. L'histoire tiendra de lui un être faible et incapable de gouverner, mais dans ces derniers moments, il leur a prouvé à tout le monde sa grandeur car il est tombé comme un chevalier dans une bataille.

Je réponds à ces gens assoiffés de sang que la mort n'a jamais été une défaite, mais bien au contraire, ils ont perdu car ils croyaient que le roi allait les supplier et s'abaisser devant eux pour avoir la vie sauve et leur donner ainsi la preuve de sa culpabilité. Au lieu de cela, ils ont récolté la preuve de son innocence et par son courage il a discrédité leur soi-disant gouvernement.

Les gens croient que votre erreur est d'avoir contribué à la libération des État-Unis d'Amérique, l'avenir vous donnera raison; car ce jeune pays sera reconnaissant pour votre aide et va même libérer la France dans le 20ème siècle d'un tyran et dictateur qui fera verser beaucoup de sang en France et dans toute l'Europe. Tout le monde vous sera reconnaissant à tout jamais, en aidant l'Amérique, vous avez aidé toute l'Europe. Au nom du monde entier, merci mille fois.

J'espère que cette lettre vous parviendra et que vous aurez le temps de la lire et peut être de me répondre. Recevez, Madame, mes meilleures salutations.

Votre fidèle servante,

B.sonia



Très chère Sonia,

Comme vos lettres m'ont touchée, très chère Sonia! J'aimerais que tous les Français pensassent comme vous! Et je suis certaine que, là, c'est le cas de la plupart d'entre eux. Malheureusement, il y a ces révolutionnaires qui sont une si mauvaise influence! Heureusement, il semble que cette influence néfaste n'ait pas encore gagné tout le reste du royaume!

Je n'ai pas le bonheur de connaître cette princesse Diana dont vous me parlez, mais je crois comprendre qu'il s'agit d'une princesse de votre époque, que vous avez eu le malheur de perdre. Elle semble avoir été une grande princesse et sans doute sait-elle, de l'endroit où elle se trouve maintenant, toute l'admiration que vous avez pour elle. Je crois très fort à cela. Je sais que le Roi mon mari et mon fils adoré Louis-Joseph veillent sur leur famille!

Oh mon cher fils... il me manque. Comme mes autres enfants, qui sont toujours vivants (et qui le resteront longtemps je l'espère de tout mon être!) mais que je n'ai plus le bonheur de voir. Je ne perds pas espoir cependant car si plus jamais je ne reverrai Louis-Joseph de mon vivant, je sais et je crois très fort que je reverrai mes enfants. Louis-Joseph a toujours été d'une santé fragile. Il souffrait d'une maladie de poumons. Il éprouva plusieurs problèmes avec son dos, qui se courbait. Ses vertèbres ne tenaient plus! Il était souvent très fiévreux. On a dit qu'il souffrait d'une carie vertébrale. Pauvre petit! Tant de souffrance dans un si jeune corps! Que cela est difficile de voir souffrir ses enfants! Priez pour eux, très chère Sonia, et vous me rendrez si heureuse!

Oh, chère Sonia, vous dites souhaiter être près de moi. Je vous dis que vous l'êtes et vos mots me font le plus grand bien! Je ne crois point que vous ayez perdu la raison, très chère Sonia. Il faut rêver, je l'ai toujours su et maintenant plus que jamais! Le rêve est l'espoir et l'espoir aide à vivre. Je m'accroche aujourd'hui à cet espoir si important, si cruciale.

Merci mille fois pour ces quelques instants de réconfort, pour vos mots si doux. Je ne les oublierai point, très chère Sonia.

Marie-Antoinette



À SA MAJESTÉ LA REINE MARIE-ANTOINETTE DE FRANCE

Tout d'abord je remercie votre grandeur de m'avoir honorée par cette lettre qui me rendit le sourire car je sais maintenant que vous vous portez bien et que vous n'allez pas abandonner. Toutes mes prières vont pour vous et votre famille, mais aussi pour M. de Fersen qui multiplie les contacts pour essayer de vous sauver. D'après mes informations, vos deux enfants vont bien, mais vous leur manquez énormément. Jusqu'à maintenant, ils ne savent pas ce qui est arrivé à monsieur leur père, le roi de France. Mais le pire dans tout cela c'est que ces gueux essayent de faire un lavage de cerveau à monsieur votre fils pour qu'il témoigne contre vous à leur soi-disant tribunal. Croyez bien Madame que je suis de tout coeur avec vous et avec tous ceux que vous m'ordonnerez d'être; j'obéirai. Je suis et je resterai fidèle à vous Madame, jusqu'à mon dernier souffle.

VOTRE FIDÈLE SERVANTE

b.sonya



Très chère Sonia,

Encore une fois vos mots ont su me réconforter et ils me vont droit au coeur! Je ne puis vous ordonner quoi que ce soit d'autre que ce que vous faites déjà, chère Sonia. Priez! Vos prières me sont précieuses, ainsi qu'à mes enfants!

Merci, très chère Sonia, et ne perdez pas espoir. Je ne le perds pas non plus.

Marie-Antoinette



À celle à laquelle mon coeur restera fidèle,

Je vous remercie de votre correspondance et vos mots si chaleureux qui me vont directement au coeur. Je ne cesse de prier pour vous et votre famille. Cette semaine est très triste pour moi, mais aussi pour le monde entier car nous avons perdu un homme de paix, un croyant infatigable, qui défend les droit de l'homme et le droit de vivre. Et oui madame, je suis tellement malheureuse de la mort du pape John Paul deux. Même si je ne suis pas chrétienne mais musulmane, je crois qu'il a mérité de se reposer après de longues années de maladie. Je prie aussi pour son âme, afin qu'elle trouve enfin la paix et le repos éternel et que dieu l'accueille dans son vaste paradis. Je crois réellement que si vous aviez eu un pape aussi proche du peuple que des monarchies, toute votre tragédie n'aurait pas eu lieu et je crois réellement, Madame, qu'il aurait réussi à vous sauver.

Oh, Madame, j'ai peur pour vous et vous enfants. Je crains de vous perdre un jour. Cependant je tiens toujours dans mes rêves l'espoir pour vous sauver. J'espère que je ne vous dérange pas avec mes lettres qui vienne du plus profond de mon coeur.

Recevez, madame, mes respects les plus profonds.

Votre fidèle servante.

Sonia


Très chère Sonia,

Permettez-moi de vous offrir mes plus sincères condoléances pour la perte que vous venez du subir.  Il semble que ce pape ait été très important pour vous.  Je n'ai pas le bonheur de le connaître, puisque nous ne vivons pas à la même époque, mais je vois par vos propos qu'il semblait un homme bon et que sa mort vous touche beaucoup. 

Vos mots me touchent beaucoup, chère Sonia, et vous ne m'importunerez jamais avec vos lettres, n'ayez craintes.

À bientôt, douce Sonia,

Marie-Antoinette

 



Je remercie Votre Grandeur pour ces mots et je vous prie d'accepter, Madame, mes salutations les plus sincères.

Madame, je vous ai juré fidélité et obéissance et sur ce fait il est de mon devoir de vous dire que madame de Polignac s'est servie de vous et a profité de votre immense gentillesse pour vous voler de l'argent en vous incitant à jouer. Pardonnez ma franchise, Madame, mais madame de Polignac ne vous a jamais considérée comme son amie mais comme un moyen de gagner plus d'argent et monter les échelons, elle ressemble plus à madame du Barry.

Je sais, Madame, que cela vous fait très mal et vous me voyez navrée, mais il fallait que vous sachiez la vérité. L'histoire a retenu madame de Polignac comme une femme sans coeur qui ferait n'importe quoi pour avoir plus de pouvoir et d'argent. J'espère, Madame, que vous me croyez et que vous ne me tenez pas rigueur. Je tiens à Votre Altesse plus que toute autre chose au monde, vous êtes la seule chose qui me reste dans cette vie et qui me donne la force de continuer à vivre.

J'espère madame que cette lettre vous trouvera en bonne santé. Mes prières vous suivent partout; que Dieu soit avec vous et votre famille dans ces moments difficiles, amen.

Avec mes respects

Sonia


Madame,

Quels sont ces mots si durs que vous m'écrivez ici? Comment osez-vous comparer Madame de Polignac et Madame du Barry? Elles n'ont rien en commun! Madame de Polignac n'est pas le monstre que vous décrivez. Mais je ne vous tiens pas rigueur de vos propos, que je vais mettre sur le compte des troubles actuels.

Au revoir,

Marie-Antoinette

 



Très chère Reine,

Vous me voyez désolée que vous le preniez ainsi. Croyez bien, Madame, que ce n'est pas dans mes intentions de vous blesser ni même de vous faire de la peine. Cependant, je crois qu'il était de mon devoir de vous dire la vérité telle qu'elle est écrite dans l'histoire et reprise par de grands historiens.

Pour cette raison, je crois devoir arrêter notre correspondance de peur que vous me preniez pour une menteuse. Rien ne me ferait plus mal. Cependant, Madame, je vous laisse le choix à vous. Vous êtes ma Reine et je vous dois avant tout respect et obéissance. Je resterai toujours fidèle à vous Madame et à votre famille et à l'Ancien Régime quelle que soit votre décision.

Je prie votre grandeur de ne pas me demander de changer d'avis sur Madame de Polignac car il m'est impossible de lui pardonner ce qu'elle vous a fait.

J'espère et je prie Dieu qu'un jour vous pourrez me croire et que notre Dieu et créateur vous ouvrira les yeux et vous permettra de distinguer les bons des mauvais amis.

Tous vos désirs, Madame, sont des ordres. J'obéirai les yeux fermés quel que soit l'ordre. Je sais que je ne pourrai jamais être votre amie, mais j'espère que je serai au moins votre fidèle servante.

Mes prières vous suivent toujours. J'espère que cette lettre vous trouvera en bonne santé.

Au revoir ou adieu, à vous de décider, Madame.

Sonia

 


Chère Sonia,

Que peuvent bien savoir les historiens de votre temps sur Madame de Polignac? Ils ne l'ont pas côtoyée comme moi! Peu me chaut de savoir ce que ces gens ont à dire sur mon amie... elle ne mérite pas de se faire traiter de cette façon! Cela dit, je ne vous crois pas menteuse... rien ne me surprend quant aux méchancetés que l'on peut dire sur mes amies, ma famille et moi-même.

Mais, chère Sonia, je sais distinguer les bons et les mauvais amis, ne craignez rien pour moi. Ils sont d'autant plus faciles à distinguer qu'ils sont une chose rare en ces temps troublés.

Au revoir, chère Sonia,

Marie-Antoinette




Très chère Sonia,

Je me permets, chère Sonia, de vous écrire un mot, puisqu'il y a si longtemps que je n'ai point eu de vos nouvelles. Vos mots sur Madame de Polignac sont tous oubliés, et j'espère que vous n'avez pas cru que je ne souhaitais plus recevoir vos lettres, qui me sont d'un si cher réconfort.

À mon tour maintenant, chère Sonia, de vous apporter quelque réconfort, du moins est-ce mon souhait le plus sincère. J'ai été très inquiète lorsque Madame Guélikos, qui s'occupe gentiment de notre correspondance, m'a informée que vous aviez des problèmes avec votre santé. J'ose espérer qu'il ne s'agit pas de quelque grave maladie et que la médecine de votre temps est plus efficace que la nôtre.

Je vous souhaite toute la force du monde pour surmonter la maladie, je ne doute pas que vous réussirez, et mes pensées vous accompagnent.

À bientôt, très chère Sonia,

Marie-Antoinette




Ma très chère reine,

Je remercie votre grandeur pour sa lettre qui réchauffa mon cœur et me donna de l'espoir; c'est un grand honneur pour moi de recevoir des lettres de Sa Majesté. Sachez, Madame, que je vous ai envoyé une lettre quand j'ai su pour ma maladie, mais elle s'est égarée. Cependant, que Sa Majesté sache que je n'ai jamais douté de sa grandeur d'âme et qu'elle sache que je ne la trahirai jamais, que mon dévouement est total: je suis et je resterai fidèle à ma reine jusqu'à mon dernier souffle; mes prières vous suivent où que vous soyez Madame.

Madame, je vous crois quand vous me dites que madame de Polignac est une dame intègre et je ne reviendrai jamais sur ce sujet par respect pour vous. Je vous remercie de m'avoir pardonné et de m'avoir fait entrer dans votre bonne grâce.

Madame, permettez-moi de vous dire à quel point je tiens à vous. Je vous aime, Madame, je vous aime, pouvez-vous comprendre cela et me le faire comprendre, car je ne sais comment je pourrais expliquer cela pour moi-même et pour mon entourage avec lequel je me sens étrangère? Moi qui ne vous ai jamais vue ni connue, je vous aime, vous Madame, vous reine de France: je vous aime plus que ma vie. Ai-je le droit d'éprouver ce genre de sentiment vis-à-vis de votre grandeur, et ai-je le droit de parler ainsi à la plus grande reine de France, de lui dire que je ne vis que pour elle, que mes pensées vont vers elle et que mon cœur souffre le martyre.

Madame, les douleurs causées par ma maladie ne sont rien devant les souffrances et le chagrin que je ressens à chaque fois que je pense à vous et à tout ce que ces gueux vous ont fait subir à vous et votre famille.

Ce qui me fait le plus mal, c'est de rester là, impuissante devant vos supplices. Maudits soient ces gens et leurs révolutions, qu'ils soient maudits maintenant et jusqu'à la fin des temps.

Madame, ma vie n'a aucun intérêt sans les deux personnes les plus chères à mon cœur: Votre Majesté et la princesse Diana Spencer.

J'ai fait un beau rêve hier: vous vous promeniez avec monsieur de Fersen dans les beaux jardins du château de Versailles et monsieur votre fils le dauphin Louis-Joseph devenait un grand et bon roi aimé par tous ses sujets; c'est le plus beau rêve que j'ai fait depuis des années.

Sachez qu'aujourd'hui, madame, mon seul souhait est de vous rejoindre où que vous soyez; je mourrai alors en paix, car je suis restée fidèle à l'amour que je ressens pour vous, Madame, et pour ma princesse.

Permettez-moi, Madame, de vous adresser une dernière requête.

Madame, ma séparation de vous est insoutenable et cela me fait penser à ce gentilhomme suédois, le comte Axel De Fersen, qui est inconsolable. Je demanderai à Votre Majesté de bien vouloir lui envoyer une lettre, car vous êtes sa seule consolation.

Pour finir, peut-être que ce sera ma dernière lettre, et si la maladie a raison de moi, je veux que vous sachiez, Madame, que mes dernières pensées iront vers vous.

J'implore, Madame, votre pardon si je vous ai fait de la peine, car ce n'était pas mon intention

Sur ce, je prends congé de vous, Madame. À très bientôt, ici ou dans l'autre monde. Longue vie à Votre Majesté.

Votre fidèle servante,

B. SONIA



Très chère Sonia,

Il semble que la lettre où vous me parliez de votre maladie se soit perdue et j'en suis extrêmement désolée. Il m'aurait alors été possible de tenter de vous apporter quelque réconfort plus tôt. Dites-moi, chère Sonia, que vous avez de quoi payer un bon médecin qui sait vous soigner et prendre soin de vous? La médecine n'a-t-elle point fait de progrès dans votre époque lointaine? Je le souhaite de tout mon cœur.

Encore une fois, vos paroles me vont droit au cœur et je ne saurais exprimer le bien qu'elles m'apportent dans l'état où vous me trouvez. Il arrive que nous éprouvions de l'amour pour une personne que nous n'avons jamais rencontrée, cela se peut puisque les rencontres ne se font pas seulement de corps mais aussi avec l'esprit. L'on peut connaître quelqu'un de plusieurs manières. Je garde avec joie dans mon cœur cet amour que vous me portez et je vous retourne le même sentiment. Tout amour est grand, d'où qu'il provienne, et l'on n'en a jamais assez.

Je me sens aussi impuissante que vous face à mes supplices, mais aussi face aux vôtres. Si nos lettres nous réconfortent autant, il ne faut pas arrêter de nous écrire. Il faut garder espoir, car l'espoir c'est la vie. Je vous en conjure, ne le perdez point. J'en ferai autant de mon côté.

J'en conviens, votre rêve était beau! À mon tour maintenant de vous raconter le mien. J'ai rêvé de Schoenbrunn, mais étrangement, tout en sachant qu'il s'agissait de Schoenbrunn, certains éléments du décor appartenaient au Hameau. Je voyais mon fils et ma fille marcher main dans la main. Ils ne faisaient rien de particulier, ils jouaient et s'amusaient ensemble. Ils étaient souriants et semblaient heureux. Ils étaient entourés de gens qui les regardaient et qui semblaient les admirer avec un regard respectueux. Je voulais les atteindre, mais je n'étais pas moi-même présente dans mon rêve et je devais me contenter de les regarder jouer et s'amuser. Mais même sans pouvoir les atteindre, j'étais si heureuse de les voir! Des larmes coulèrent réellement sur mes joues et je me réveillai en sanglots. Mais c'était des sanglots de joie, car je me sentais si près d'eux! Quel bonheur de sentir à nouveau leur présence, même si ce n'est qu'en rêve!

J'aimerais tellement pouvoir écrire à monsieur de Fersen, mais je crains que cela ne soit pas possible. Je sais cependant qu'il doit tout faire pour nous sortir, mes enfants et moi-même, de la situation où nous sommes. Dans le cas où je ne le reverrais plus et où je ne pourrais plus rien lui faire parvenir, j'ai donné à monsieur de Jarjayes, lorsque j'étais encore au Temple, quelques objets en souvenir de moi. J'espère de tout mon cœur qu'il pourra les recevoir.

Ne dites pas, très chère Sonia, que cela pourrait être notre dernière lettre! Nous nous devons de garder espoir.

À bientôt, donc, je prierai pour vous, chère Sonia.

Marie-Antoinette




Ma très chère reine,

Merci, merci mille fois madame, vous ne pouvez savoir à quel point votre lettre, majesté, est chère à mon coeur.

Vous trouvez toujours le temps pour écouter les autres et leur donner du réconfort, oh madame comment faites-vous; vous qui vivez les moments les plus douloureux et pénibles de votre vie, vous arrivez à donner du temps à des personnes que vous ne connaissez que par ses correspondances. Où que j'aille, je dirai à quel point est grande sa majesté, je dirai aux générations futures, qu'il y avait une très belle reine qui vivait malheureusement dans une époque injuste où l'amour n'avait point de place et que cette reine a su montrer un courage et une dignité jamais vus dans l'histoire du monde entier, que cette reine a préféré se sacrifier pour ne laisser ses enfants si chers à ses yeux, qu'elle a tout fait pour sauver le beau royaume de France, elle a aidé la jeune nation américaine qui est devenue maintenant un pays très puissant, cette reine accusée à tort par des ignorants qui voulaient le pouvoir et rien que cela ne mérite pas ses supplices et ses malheurs. A-t-on jamais vu une telle injustice contre une reine qui a tout fait pour s'intégrer dans un pays où les complots n'ont cessé contre elle, avant même qu'elle arrive en France par les membres de la famille royale et ses courtisans qui cherchaient seulement derrière leurs noms et à s'enrichir. Comment peut-on accuser une reine qui était elle-même prisonnière dans une cage dorée? Que jamais personne n'oublie les malheurs de cette grande reine et chacun demande pardon à sa majesté pour vos arrières-grands-pères qui sont responsables de cette injustice.

Majesté, n'ayez crainte pour moi, je n'ai pas de problème d'argent et nos médecins sont des braves qui feront tout pour me sauver mais mon seul remède sont vos lettres, il ne passe pas un jour sans que j'ai une pensée pour vous madame, je tiens à vous dire, madame, que votre rêve ma émue au plus haut point, c'était un beau rêve qui, j'espère, se réalisera.

Majesté; je vous considère comme une grande reine, une amie, une confidente, et comme une mère, car cela aurait été le plus grand honneur que notre Dieu tout-puissant puisse me faire, moi, qui me sens étrangère à ma mère biologique et si proche de vous madame, quelle chance ont vos enfants de vous avoir comme leur mère, ils ne doivent jamais l'oublier.

Pardonnez-moi madame si ces propos ne vous plaisent pas car je vous ouvre mon coeur, ce que jamais je n'ai fait auparavant. Oh mon Dieu, pourquoi n'ai-je pas le droit de mourir pour vous, verser mon sang pour sauver celle que j'aime et que j'aimerai pour le reste de ma vie.

Madame, pardonnez-moi car je sais, je n'ai pas le droit de vous parler ainsi sans votre autorisation, mais comprenez-moi madame, j'ai peur de mourir sans vous avoir dit tout ce que je pense de vous et que ma situation ne me permet pas de m'adresser à sa majesté ainsi, encore une fois, pardonnez la personne que je suis de ses aveux que je viens de vous dire.

J'espère que cette lettre trouve votre grandeur en bonne santé, et que sa majesté se souvienne toujours que je suis là pour l'aider, l'épauler et la servir fidèlement. Au revoir madame.

Votre fidèle servante
B.SONIA



Très chère Sonia,

Encore une fois, vos mots me vont droit au coeur! J'ai l'impression que vous êtes ici avec moi, vous comprenez si bien ma situation et les malheurs qui frappent ma famille! Merci mille fois pour vos lettres si réconfortantes!

Vous me voyez rassurée sur l'état de vos finances, qui vous permettent de voir des médecins, lesquels, je le souhaite de tout mon coeur, vous viennent efficacement en aide. Je continue mes prières pour vous et j'ose espérer que vous pouvez les sentir, malgré le temps qui nous sépare. Vos propos sur l'amour maternel ne me blessent pas, rassurez-vous. Je suis une mère et il y a dans mon coeur beaucoup de place pour plusieurs personnes. Si seulement toutes les mères savaient la chance qu'elles ont d'avoir des enfants!

Et je vous en prie, ne vous excusez pas de m'ouvrir votre coeur comme vous le faites, chère Sonia, ne sommes-nous pas là l'une pour l'autre, pour nous réconforter? N'est-ce pas cela que l'amitié?

À très bientôt, très chère Sonia, je garde toujours une pensée pour vous.

Marie-Antoinette



Très chère Reine,

Voilà bien longtemps que je n'ai eu de vos nouvelles, Madame. J'ose espérer que Votre Majesté se porte bien et que cette lettre vous trouve en bonne santé.

Pardonnez-moi de ne pas vous avoir écrit plutôt. Cela n'est pas faute de vouloir, mais ma situation ne me le permet pas pour des raisons de santé. Cela dit, que Votre Majesté sache que je n'ai pas cessé de penser à Sa grandeur.

Si vous voulez bien me répondre, j'aimerais savoir comment votre situation évolue, et ce que vous faites pour passer le temps.

Permettez-moi, Majesté, de prendre congé de Vous, et que mes prières vous suivent partout.

Votre servante

SONIA B.



Très chère Sonia,

Vous me voyez très heureuse d'avoir de vos nouvelles! Vous êtes présente dans mes pensées, et je me demande souvent comment vous vous portez. Je vous prie de faire très attention à vous, très chère Sonia.

Ici, le temps s'écoule très lentement et ma situation n'a pas changé. Ma santé n'est pas très bonne et je n'ai d'autre divertissement que celui de penser à mes enfants et à ceux que j'aime.

Vos lettres me font le plus grand plaisir et vous êtes aussi, chère Sonia, dans mes prières.

À bientôt, très chère.

Marie-Antoinette