Solveig
écrit à

   


Marie-Antoinette

   


20 janvier 1793
 

   

Votre Majesté,

Comment résister à la tentation de vous écrire alors que vous êtes maintenant seule, séparée de tous ceux qui vous sont et qui vous ont été chers. Si de si longues années ne nous séparaient pas, j'aurais eu un immense plaisir, sachant que vous aimez la musique, à venir vous rendre visite à la Conciergerie et vous chanter un morceau de Grétry.

Je crois que personne au monde ne peut imaginer les tourments que vous avez subis, mais celui qui m'affecte le plus est cette fameuse soirée du 20 janvier 1793: quel déchirement cela a dû être!

Vous êtes dans mes prières,


Très chère Solveig,

Ah, comme vos mots me vont droit au cœur! Vous me trouvez entourée de haine, à l’exception de ma bonne Rosalie qui fait tout ce qu’elle peut pour prendre bien soin de moi. Comme j’aimerais entendre de la musique une autre fois!

Tous ces instants furent pénibles, plus déchirants les uns que les autres. Lorsque j’y repense, je ne peux comprendre d’où me vient cette force pour continuer et, puis, je pense à mes enfants, au Roi, et la force me revient.

Je vous garde vous aussi dans mes prières, ma bonne Solveig,

Marie-Antoinette