Lettre d'acceptation
de Marie Mancini
à Dialogus

 

Monsieur,

Nous sommes aujourd'hui le trois mars de l'an 1715. Je me trouve actuellement assise dans mon cabinet personnel; par la fenêtre ouverte, je peux entendre les oiseaux annoncer la fin de l'hiver. J'ai toujours aimé le printemps qui, à Rome, est très agréable. Celui-ci s'annonce particulièrement clément et c'est une bonne chose car je dois bientôt partir en voyage.

Mais pour l'heure je lis et relis votre lettre et le moins que je puisse vous dire est que je suis flattée de l’intérêt que vous me portez. Que vous me demandiez, à moi, de participer à cette intéressante correspondance, voilà une chose à laquelle je ne m'attendais pas.

Il n'y a pas si longtemps, j'ai écrit mes mémoires dans l'espoir de rétablir certaines vérités et de laisser une trace de mon existence et voilà que vous me proposez de correspondre directement avec vos contemporains. Je ne pouvais rêver mieux pour atteindre mes espérances.

Vous pouvez donc avoir la certitude que je me dévouerai corps et âme à cette mission, que je répondrai à toutes les questions, demandes ou remarques de vos pairs. Ma vie a peut-être été riche en émotions et découvertes mais je suis persuadée que cette fantastique aventure qui s'ouvre à moi le sera tout autant. Je ne doute pas que nous bénéficierons, mes épistoliers et moi, d'un enrichissement mutuel.

Je vais, dès à présent, guetter l'arrivée de mon courrier comme du temps où mon cher Louis m'envoyait des lettres et sachez que c'est un sentiment des plus doux qui est ravivé en moi aujourd'hui.

Je demeure votre obligée,

Marie Mancini, Connétable de Naples