Votre seconde épouse
       

       
         
         

Valérie

      Votre majesté, bonjour,

Je m'appelle Valérie je suis mariée et mère de 3 enfants. Je me posais certaines questions sur votre attirance envers Françoise d'Aubigné, qui n'est au début que la gouvernante de vos «bâtards» (je n'aime vraiment pas ce terme) aussi charmants soit-ils, une femme pieuse, assez sévère, adorant les enfants, mais qui ne pourra jamais en avoir à elle. Une femme de basse souche que vous élèverez en secret à un rang bien plus supérieur. Je suppose que ce n'est pas seulement une histoire d'attirance sexuelle comme pour vos autres amantes mais une histoire plus profonde et aussi plus complexe.

Respectueusement,

Valérie

 

       
         

 Louis XIV

     

Madame,

Vous me voyez ravi de me donner l’occasion de vous entretenir de Sa Solidité Madame de Maintenon. Bien entendu, il ne s’agit point seulement «d’attirance», comme vous le dites et d’ailleurs, laissez-moi vous corriger sur ce point: si, lorsque vous me parlez de mes «autres amantes», vous entendez par ce mot la duchesse de La Vallière et la marquise de Montespan, je me dois de vous dire qu’il ne s’agit point seulement d’attirance mais bien d’amour.

Quant à Madame de Maintenon, il est vray qu’elle fut au début la gouvernante de mes enfants avec Madame de Montespan et c’est lorsqu’elle occupoit cette fonction que j’eu d’abord le bonheur de la costoyer. L’on m’avoit déjà entretenu de son passé, du fait qu’elle avoit régné dans les salons de Paris avec son mari de l’époque, Paul Scarron, ce qui ne pouvoit que me desplaire. Et l’on m’avoit aussi entretenu de son esprit, que j’en estoit venu à craindre sans le connaistre.

Je fis néanmoins confiance à Madame de Montespan dans son choix pour la gouvernance de mes enfants et lorsque j’eus le plaisir de la mieux connaistre, je me rendis bien compte que son esprit n’estoit point à craindre mais plutost à apprécier. Je pouvois avoir avec elle de longues conversations sur plusieurs sujets différents et je me sentois toujours très bien lorsque je me retrouvois en sa si agréable compagnie. Tout en elle a su me charmer, de son esprit à son intérêt sincère pour le bien-estre de mes enfants. Je sus toujours apprécier son esprit, sa douceur, sa discrétion, sa piété, sa gentilesse et tout ses nombreuses autres qualités. Je ne pouvois, à vray dire, avoir meilleur femme à mes costés après la mort de la feu Reyne Marie-Thérèse. 

J’espère, Madame, avoir su respondre à vostre question. Si vous en avez d’autres, n’hésitez point à me les faire parvenir.

Louis