Élodie
écrit à

   


Louis XIV

   


Votre frère

   

Votre Majesté,

Je m'appelle Élodie et j'ai quatorze ans, je suis passionnée par votre vie et celle de votre entourage, en particulier votre frère. Je vous prie de pardonner mon impertinence mais j'aurais désiré avoir quelques renseignements sur les rapports que vous entreteniez avec lui, et savoir pourquoi vous lui avez retiré le commandement d'une armée alors qu'il venait de gagner une magnifique victoire.

J'aurais aussi souhaité savoir pourquoi vous l'avez bien souvent rabaissé alors qu'il vous a  toujours été loyal? J'ai lu dans un livre que vous aviez même exilé ou emprisonné son ami le chevalier de Lorraine, et comme Monsieur vous suppliait de le laisser revenir et que vous refusiez, il avait quitté votre cour et refusait d'y revenir. Vous l'auriez alors menacé de faire vivre le chevalier dans des conditions bien pires, est ce vrai?

En tout cas, je voulais vous féliciter pour tout ce que vous avez fait pour la France, vous avez sûrement été le plus grand des Rois.

Je salue Votre Majesté et Son Altesse votre frère avec tout le respect que je vous dois et vous remercie d'avance de votre réponse.

Élodie


Mademoiselle,

Comme tous les enfans, mon frère et moi-mesme nous sommes chamaillés beaucoup, nous sommes aussy amusés beaucoup.

Mon frère eut toujours le plus grand respect pour moy comme j'eus toujours le plus grand respect pour luy. Lorsque nous sommes devenus adultes, ce respect a aisément remplacé nos chamailleries d'enfans. Malgré ses extravagances, mon frère estoit un prince excellent de qui je garde un excellent souvenir. Je n'ay que de bonnes choses à dire à son sujet. Je n'eus jamais à me soucier de trahison, ni rien de tel, en ce qui le concerne.

Si je luy ay retiré le commandement d'une armée, cela n'a rien à veoir avec son talent, mais bien puisque les préoccupations du moment faisoient qu'il ne pouvoit le garder.

Pour ce qui est du chevalier de Lorraine, il est vray qu'il estoit tres proche de mon frère. Cela ne m'empescha pas de sévir lorsque j'eus à le faire.

Louis