Vos descendants
       

       
         
         

Anaïs

      Votre Majesté,

Mille excuses de vous déranger à nouveau.

Je voudrais savoir si votre arrière petit fils, le duc d'Anjou (né en 1710), a des frères et soeurs ainés? Si oui, pouvez-vous me donner leurs noms et date de naissance (et de décès)?

Pouvez-vous me dire si vos petits fils Philippe et Charles ont des enfants? Si oui, pourrais-je connaître leurs noms et date de naissance (et de mort)?

Pour terminer, avez-vous eu des enfants avec Angélique de Fontanges et avec Mademoiselle des Oeillets? Si c'est le cas, vous seriez aimable de me communiquer leurs noms.

Avec tout mon respect,

Anaïs

 

       
         

Louis XIV

      Mademoiselle,

Je me permets à mon tour de vous poser une question: avez-vous entrepris de devenir mon historiographe ainsi qu'à ma famille? Car vous en avez certainement la curiosité!

Voici les responses à vos questions.

Le duc d'Anjou eut en effet deux frères aisnés, et vous ne serez sans doute point surprise d'apprendre qu'ils estoient tous deux prénommés Louis. Le premier naquit en 1704 et ne vécut que peu de temps puisqu'il mourut en 1705. Le deuxiesme naquit en 1707 et mourut lors de l'hécatombe qui frappa ma famille en 1712. Tous deux portèrent le titre de duc de Bretagne.

En ce qui concerne le Roy d'Espagne, Il a pour le moment deux fils, Louis né en 1707, et Ferdinand né en 1713. La nouvelle Reyne d'Espagne attend présentement son premier enfant. Feu mon petit-fils le duc de Berry eut trois enfants, une fille non-nommée qui est née et morte en 1711, un fils nommé Charles né et mort en 1713 puis une fille, Marie-Louise-Élisabeth, née et morte en 1714.

La duchesse de Fontanges mit bien au monde un fils qui naquit avant son tems et qui n'y survécut point. Quant à Mademoiselle des Oeillets, elle estoit une laide fille peu intéressante aux moeurs et aux fréquentations douteuses.

Voilà, Mademoiselle, les responses à vos questions.

Louis
         
         

Anaïs

      Votre Majesté,

Pour répondre à votre question, oui, cela ne me déplairait pas de devenir votre historiographe. Je suis, en effet passionnée par l'étude de votre descendance ainsi que par les relations que vous avez avec les différentes personnes de votre cour. Actuellement, j'étudie l'histoire sous toute ses formes pour pouvoir l'enseigner plus tard (je n'ai que 18 ans). Mais je dois avouer que je serais ravie de me retrouver plus tard historienne du grand Louis XIV. Cette idée me plaît et j'y songe de plus en plus.

À ce propos, j'ai d'autres questions à vous soumettre. Votre première belle-soeur, Henriette Anne a-t-elle eu d'autres d'enfants que Marie Louise (née en 1662), Philippe Charles (1664-1666) et Anne Marie (née en 1669) avec votre frère Philippe d'Orléans? On raconte qu'elle a pris la place de la Reine Marie Thérèse à la cour car votre épouse était trop effacée. Cela aurait attiré la jalousie et les reproches de votre mère et de votre frère.

Avez-vous rêvé qu'Henriette soit votre épouse après avoir constaté que celle que vous trouviez jadis bien maigre (au point d'annoncer à votre frère qu'il allait épouser «les os des Saints Innocents») se soit métamorphosée en quelques années?

Enfin Sire, j'ai pu lire que votre fille (Maria Anne de France) née en 1664 et morte la même année avait la peau noire. Cela est-il vrai?

À sa Majesté le Roi Soleil,
Anaïs
         
         

Louis XIV

     

Mademoiselle,

Je ne peux que vous louer de vos ambitions et je vous encourage à les réaliser.

En ce qui concerne les enfants de feu la duchesse d’Orléans, elle en eut en effet trois mais elle subit aussi plusieurs fausses couches, que je crois au nombre de cinq. Il est vray que la duchesse d’Orléans tint longtems le rang de première femme de la Cour, malgré la présence à mes costés de la Reyne Marie-Thérèse. Cela s’explique par le fait que la Reyne ne se passionnoit point pour les plaisirs et les divertissements, ce qui estoit le contraire de la duchesse d’Orléans. Si, dans les débuts, cela desplut à mon frère et ma mère, ils s’aperçurent vite que la jalousie n’estoit point de mise et que les reproches estoient inutiles.

Il est aussi vray que la duchesse d’Orléans avoit embellie avec les années et je vous mentirois si je vous disois que, dans les premier tems, je n’esprouvai aucune jalousie envers mon frère. Non point que la Reyne ne fut point intéressante, mais la duchesse d’Orléans et moy avions plus de points en commun. Et cette jalousie ne dura point.

Ma fille dont vous me parlez n’avoit certainement point la peau noire et je ne vois point comment cela auroit pu estre.

Louis