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Coralie
écrit à

Louis XIV


Sur les femmes...


   

Bonjour cher Louis XIV,

Je vous écris dans vos fabuleux et magnifiques jardins.

Si vous m'y autorisez, j'aimerais vous poser quelques questions. Tout d'abord, je voudrais vous dire à quel point je vous admire car vous avez réussi à vous faire respecter de tous, et même du clergé!

J'ai commencé à m'intéresser à vous, à votre vie et à tous ceux qui vous entourent en lisant un livre sur vous et l'Affaire des poisons. Êtes-vous sûr que madame de Montespan soit coupable? Je n'insinue pas pas qu'elle soit innocente mais n'a-t-elle pas agi pour vous prouver son amour? Et la belle Marie Mancini, pourquoi ne pas l'avoir épousée, même contre l'avis de votre mère et du cardinal de Mazarin, votre parrain? Je pense que, si vous l'aviez vraiment aimée, vous l'auriez épousée, même contre l'avis de votre mère et de votre parrain, même si c'était la nièce de Mazarin! À la Cour, on murmure que vous avez oublié toutes vos maîtresses -enfin presque! Madame des Œillets , Madame de Fontanges, Madame Louise de Lavalliere, Henriette d'Angleterre... Que sont-elles devenues, Monsieur, ces nobles dames?



Madame,

Cette affaire des poisons me causa, en son tems, quelques maux de teste et vous me voyez bien heureux que cette histoire soit terminée depuis longtems. Laissez-moi d'abord vous rappeler que Madame de Montespan fut lavée de tout soupçon et que j'ose croire que cela est bien la vérité.

Je crois fermement en l'innocence de Madame de Montespan. Si elle fut toujours attirée par les astrologues, si elle fit l'utilisation de philtres d'amour et de poudres, je ne peux croire qu'elle soit allée aussi loin que certains l'ont laissé entendre. Une femme du rang de Madame de Montespan est propice aux attaques de toutes sortes, par jalousie ou ambition. Si elle fut meslée à cette affaire des poisons, ce fut bien malgré elle.

Les mariages des Roys ne sont point affaire d’amour, mais bien des alliances. J'aurois bien aimé pouvoir me marier selon mon cœur. Ma mère et le cardinal Mazarin s9eurent me faire entendre raison, fort heureusement: il y alloit de la conclusion de la paix entre la France et l'Espagne. Et c’est là que se trouvoit mon devoir.

Les autres femmes dont vous me parlez sont aujourd’huy toutes décédées. Et moy je suis encore icy. Dieu m’auroit-il oublié? Je ne le crois point. À mon grand asge, il me rappellera sans doute bientost à Luy.

Louis
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