André Desjardins
écrit à

   


Louis XIV

     
   

Sévigné et Bussy-Rabutin

    Sire,

Voici votre sujet de la Nouvelle-France qui vous revient, toujours ravi de la lettre qu'il a reçue de Votre Majesté, d'autant plus qu'elle avait déjà répondu à la question que je lui posais.

Sire, je suis en train de lire les lettres de la marquise de Sévigné. Ces lettres, vous en connaissez quelques-unes par la cassette de monsieur le Surintendant Fouquet et par les extraits de ses mémoires que monsieur le comte de Bussy vous a fait tenir. À quelques reprises, vous avez rencontré la marquise elle-même. Je serais infiniment curieux de connaître votre sentiment sur cette personne et sur son cousin, le comte de Bussy. J'ai quelques soupçons que, malgré le désir de Votre Majesté de ne pas accabler ce pauvre homme, elle n'a jamais pu surmonter son aversion pour lui.

Permettez que je me dise, Sire, le plus obéissant des sujets et serviteurs de Votre Majesté.

André Desjardins



Monsieur Desjardins,

Il me fait grand plaisir de pouvoir respondre de nouveau à vos questions.

Bien que je connoisse Madame de Sévigné, je n'ay point eu le bonheur de la costoyer souvent, puisque ses séjours à la Cour n'estoient point des plus fréquens. Cependant, j'ay souvenir d'une personne charmante, contrairement à son cousin, le comte de Bussy-Rabutin.

Cet homme avoit un talent militaire certain, mais il avoit aussi le malheur d'avoir des moeurs pour le moins douteuses. Ses nombreux escarts l'ont tenu longtems loin de la Cour. S'il escrivit des choses amusantes, ce ne fut point toujours le cas. Il fut embastillé, puis exilé sur ses terres. Il ne semble point qu'il se soit jamais corrigé, puisque mesme après avoir reçu l'autorisation de revenir, il repartit peu de temps après en exil.

Voilà, Monsieur mon sujet de la Neuve-France, les responses à vos questions.

Je vous donne le bonjour,

Louis.