Jacqueline
écrit à

   


Louis XIV




Quel faste


    Sire,

Avec tout le respect que je vous dois, j'aimerais savoir comment pouviez-vous vivre dans un tel faste et un château si grand que l'on peut se perdre?  Est-il vrai que votre cour urinait n'importe où et que votre palais était d'une puanteur abominable? Avez-vous pensé à votre peuple qui crevait de faim à l'extérieur de Versailles? Peut-être n'êtes-vous pas au courant mais une révolution est en train de se préparer et, hélas, c'est le pauvre Louis XVI, sa femme et ses enfants qui en feront les frais!

Je vous prie de croire, Sire, à ma plus profonde gratitude.

Jacqueline


Madame, 

Si le chasteau est grand, c'est que beaucoup de gens y logent. Et d'ailleurs, cela m'amuse de sçavoir que vous le trouvez grand puisque, bien qu'il le soit en effet, plusieurs personnes de la Cour le voudroient encore plus grand pour loger encore plus de gens. 

En ce qui me concerne, je ne trouve point de puanteur à Versailles.  D'ailleurs, ne connoissez-vous point les chaises percées? 

Si les famines sont des calamités qui se produisent parfois, je ne croy point que le peuple «crève de faim à l'extérieur de Versailles», comme vous l'escrivez. Ce genre de commentaires ne cesse de me surprendre. Où allez-vous chercher ces idées?  S'il est vray que je n'ay point soulagé mes peuples autant que je l'aurois voulu, je ne puis estre en accord avec vos propos tout à fait exagerés.

Louis