David
écrit à

   


Louis XIV




Politique absolutiste

    Votre Majesté,

Permettez-moi tout d'abord de vous saluer humblement, et de saluer également la formidable initiative qu'est ce site, qui permet de faire des rencontres souvent anachroniques, mais toujours constructives.

J'ai une question qui me hante, je souhaite ardemment vous la poser. Vous avez conçu, grâce à l'œuvre de vos prédécesseurs, la finalité de l'absolutisme; vous en avez fait réellement un système politique fonctionnel et efficace. Je souhaiterais vous poser la question suivante: pensez-vous, comme moi, que l'absolutisme a été construit pour remplacer une forme de monarchie qui est tombée en déchéance? Pensez-vous d'un autre côté que la monarchie absolue pourrait éventuellement sombrer, et par quelle autre forme de pouvoir? Si éclatait une révolte, demain, dans le royaume, la remplaceriez-vous?

Ne soyez point vexé par cette question. Ce n'est pas une remise en cause de l'absolutisme que je fais, mais je vous pose au contraire une question sur votre lucidité politique.

J'attends votre réponse avec impatience.

David, humble étudiant languedocien en Histoire


Monsieur,

Vous me posez là une excellente question et dans le mesme tems, m’apprenez des choses sur vostre tems. Je dois dire que ce mot «absolutisme» est une invention de vostre tem pour qualifier le mien. Cependant, je dois dire que je comprends bien le sens de vostre question, mesme si le vocabulaire est nouveau.

Je crois que ma façon de gouverner est un aboutissement plus qu’un remplacement. Je crois avoir porté à un degré le plus près possible de la perfection cette manière de faire que mes prédécesseurs ont tenté de mettre en place à leur manière. Les circonstances, souvent, ont fait qu’ils n’ont peut-estre pas toujours réussi comme ils le désiraient. Vous comprenez sans doute de quoi je veux parler, si vous connaissez les circonstances de la mort du Roy Henri mon grand-père et les événements qui ont marqué le règne du Roy mon père. Je crois avoir eu le tems et le courage nécessaire à l’aboutissement de leurs volontés, et mesme de celle des Roys avant eux. 

Les révoltes ont existé pendant mon règne et elles existeront sans doute encore. Je n’ay jamais senti le royaume dans un quelconque danger par une simple révolte. Quand aux troubles qui eurent lieu pendant mon enfance, je les attribue surtout au fait de ma minorité, qui sont toujours des tems de troubles pour un royaume. Mais puis-je affirmer sans l’ombre d’un doute que ma façon traversera et dominera les siècles à venir? Je ne puis que l’espérer. Mais l’Histoire est remplie de ces sortes d’événements, regardez seulement l’Empire Romain. Je ne l’affirmeray donc point, mais je crois que ma façon a intérest à demeurer, pour le bonheur des sujets. Mais jouons le jeu: en admettant la chose peu probable d’une révolte assez grande pour mettre en danger cette façon de faire, je ne la remplacerois point, je la restablirois.   

En espérant poursuivre cette intéressante discussion avec vous,

Louis