Olivier
écrit à

   


Louis XIV

     
   

Noblesse

    Salutation,

De nos jours, de nombreuses personnes affirment que vous avez «domestiqué» la noblesse française. De fait, obligée de vous plaire et de vous suivre à Versailles, de peur de tomber en disgrâce, elle se soumit entièrement à votre personne... Cette politique habile permit d'affermir votre pouvoir personnel. Toutefois, ne craignez-vous pas que cela engendre, à moyen terme, des troubles dans votre royaume?

En effet, il est possible, voire probable, qu'un fossé se creuse entre nobles et braves travailleurs dans la province. Si la noblesse n'est plus respectée et jugée utile par l'homme du peuple, qui sait ce que cela pourrait engendrer au cours du XVIIIe siècle?

Je voudrais également vous féliciter pour votre politique navale intelligente et efficace. J'ai récemment lu un article en traitant, et je tiens à vous féliciter, vous ainsi que vos ministres.

En espérant que vous me répondiez, bien que je sois un habitant du royaume d'Espagne, de cette contrée appelée Pays-Bas ou Flandre. Je ne sais quelle dénomination vous employiez pour désigner cette petite contrée espagnole qui sépare la France des Provinces-Unies,

Olivier



Monsieur Olivier,

Une des raisons pour laquelle il estoit important de rapprocher la noblesse françoise de ma personne estoit justement pour éviter de connoistre des troubles dans le royaume, tel que ceux de la Fronde.

Si les courtisans habitent Versailles, ce n'est point le cas de tous les nobles du royaume. Plusieurs d'entre eux habitent sur leurs terres et les membres de la noblesse sont respectés du peuple. Pourquoi est-ce que cela cesseroit d'estre le cas?

Si les membres de la noblesse ne travaillent pas aux mesmes emplois que mes sujets du Tiers-Estat, il ne faut point croire que cela est par fainéantise. Au contraire, la condition mesme de noble leur empesche ce genre de travail. Ils en sont exempts pour le service qu'eux et leurs familles rendent au royaume, à la guerre et mesme à la justice.

Chacun des trois ordres qui composent le royaume à son importance et sa place.

Je voy aussi que vous appréciez, à juste titre, la marine françoise. Je ne puis qu'estre en accord avec vous sur ce point. Bien que ma marine ait souffert durant la dernière guerre, elle n'en demeure pas moins la plus puissante du monde. Je vous avoue qu'à la guerre, il m'est arrivé d'avoir souvent esté plus interessé par les choses de la terre que par les choses de la mer. C'est Colbert, qui portoit un grand interest aux choses de la mer et qui fut à la Marine pour un long tems, qui sut me faire apprécier les choses de la mer. Il sut aussi faire un travail exemplaire pour faire de la marine françoise ce qu'elle fut durant mon règne et ce qu'elle est encore aujourd'huy et je ne peux que le louanger sur ce sujet.

Louis