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Nicole
écrit à

Louis XIV


Madame votre mère


   

Majesté,

Merci d'avoir répondu à ma dernière lettre en dépit de vos nombreuses occupations.

Je viens de terminer un livre datant de 1944 et relatant la vie de votre père, Louis XIII. Jamais je n'avais lu auparavant un texte apportant autant de précisions sur les déplacements de ce grand roi! En effet, l'école nous a toujours montré Louis XIII comme un roi juste, mais toujours malade et sans envergure, alors que, grâce à jean Héroard, son médecin qui notait tout, j'ai découvert un homme plein de courage, ayant toute sa vie parcouru la France de long en large et sachant s'entourer de grands hommes, dont le cardinal-duc de Richelieu. Il est bien dommage que vous n'ayez pu profiter de ses conseils très longtemps, mais je pense que, malgré votre jeune âge, il a été et restera tout au long de votre vie un exemple. Fais-je une erreur?

Quant à Madame votre Mère, demain je regarderai une émission qui lui sera consacrée. Je regrette qu'on la considère toujours (pardonnez-moi) comme la maîtresse de votre parrain. En ce qui me concerne, je garderai la certitude qu'elle eut un penchant qui devait être réciproque, mais qu'elle sut garder toute sa dignité.

Merci, Majesté, de bien vouloir développer un peu ces deux sujets; vous aviez des parents qui ont su vous mettre le pied à l'étrier et qui ont pu être fiers de leurs fils, leur roi. Quant à moi, Majesté, vous resterez toujours mon roi.

Mes respects, Sire.

Nicole

P.-S.: la vie de Louis XIII a été écrite en 1944 par monsieur Louis Vaunois.



Madame,

Il est vray que le roy mon père n’eut point beaucoup d’occasion de repos dans sa courte vie. J’ay beaucoup de respect pour luy, comme pour tous les roys, mes prédécesseurs. Je n’ay point eu le bonheur de le connoistre bien longtems et n'en ay que peu de souvenirs. L’on m’a raconté que je pleurois souvent en le voyant. Peut-estre me paroissoit-il imposant? Qui se souvient des pensées qui peuvent nous habiter à un si jeune asge?

Quant à la reyne ma mère et au cardinal Mazarin, je n’ay nul besoin de vous dire que ces propos sont bien déplacés. Je vois que l’on calomnie autant dans vostre tems que dans le mien. Il ne faut point croire tout ce qu’on lit, mais vous semblez bien avisée.

J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau,

Louis
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