Danael
écrit à

   


Louis XIV




Les oubliés

   

Votre Majesté,

Pourquoi nous avoir laissés aux mains des Anglais? N'aurait-il pas fallu envoyer plus de bateaux pour nous défendre, plutôt que de façonner ce grand château de Versailles, un domaine trop grand, à l'image du Roy Soleil, au détriment du peuple qui meurt de faim.

Un simple immigrant,

Danael


Monsieur,

Il me fait grand plaisir de pouvoir respondre à vostre question, la première qui me parvient de la Neuve-France, dans le cadre des festes qui y sont célébrées.

Je ne suis point certain de bien comprendre les reproches que vous me faites, de vous avoir laissé aux mains des Anglois. Il est vray que je perdis quelques territoires suite à la dernière guerre, mais vous conviendrez comme moy que mes colonies d’Amérique couvrent un territoire immense, très difficile à défendre. Je suis loin de vous avoir oubliés. Songez seulement que c'est sans doute sous mon règne que la Nouvelle-France s'est le plus développée et ce, sous tous les aspects, depuis le règne du Roy mon grand-père, Henry IV. Pour tenter d'encourager la colonisation de ce vaste territoire, plusieurs moyens ont esté mis en oeuvre, comme l'arrivée de Filles du Roy en Nouvelle-France, l'encouragement auprès des soldats présents à s'establir dans la colonie et les contrats d'engagement.

D'après les rapports de mes intendants, je peux vous dire qu'en moins de vingt ans, le nombre de colons establis en Canada a triplé. Cependant, la situation économique autant que politique ainsi que la résistance de plusieurs à quitter la France pour s'establir dans le Nouveau-Monde ont freiné les efforts entrepris. Des compagnies de commerce ont quand même esté créées, ouvertes autant à la noblesse qu'à la roture. Elles connurent et connaissent encore un certain succès.

Par ailleurs, je puis vous assurer que la construction de Versailles n’a nuit en rien aux efforts de guerre déployés durant les conflits que connut le Royaume sous mon règne. En tems de guerre, toutes les ressources du Royaume y sont consacrées et les dépenses pour mes bastiments restreintes au minimum. N’ayez donc point d’inquiétudes à ce sujet.

Il m'est impossible de prédire quel sera l'avenir de mes colonies, ni de savoir ce qui sera décidé à leur sujet lorsque je n'y serai plus. Ceci dit, je suis certain que, dans tous les cas, mes descendants agiront avec les colonies de la façon dont ils le jugeront nécessaire et par rapport aux circonstances dans lesquelles ils évolueront.

Louis