Les Orléans
       

       
         
         

Anaïs

      Votre Majesté,

J'aimerais connaître les rapports que vous aviez avec votre frère le duc d'Orléans.

Il paraît que vous n'appréciiez pas son fils Philippe (votre neveu). Pourquoi?

Le croyez-vous donc responsable de la mort de votre petit-fils Louis et de la dauphine Marie-Adélaïde, ainsi que du duc de Bretagne qui était devenu le nouveau dauphin? On murmure que ces trois personnes auraient été empoisonnées par le duc d'Orléans afin qu'il puisse accéder au trône. Certains prétendent également que la dauphine était grosse de 6 semaines lors du son décès. Que pouvez-vous me dire là dessus?

Avez-vous fait du duc du Maine et du comte de Toulouse des princes de sang aptes à vous succéder pour éloigner les Orléans du trône?

Enfin, je souhaiterais vous entretenir sur le caractère de la duchesse du Berry. J'ai pu lire qu'elle était très capricieuse.

Avec tous mes respects.

Anaïs

 

       
         

Louis XIV

      Madame,

J'ay toujours entretenu d'excellens rapports avec feu mon frère, le duc d'Orléans. Je n'ay jamais eu à me plaindre de luy.

Il fut un tems où je n'appréciois guère mon neveu Philippe. Je ne pouvois tolérer son attitude libertine. Mais n'ayez crainte, mon neveu n'a absolument rien à voir avec la mort du Dauphin et de la Dauphine, ni celle du duc de Bretagne. Ce sont de méchantes langues qui ont propagé de tels propos, faux et absurdes.

De ma nombreuse famille, il ne me reste qu'un héritier direct, le Dauphin qui a aujourd'huy cinq ans. Bien entendu, cela me cause quelques inquiétudes, surtout lorsque l'on sait à quel point la vie des enfans est fragile. C'est pour cette raison que j'ay souhaité que le duc du Maine et le comte de Toulouse pussent me succéder, mais seulement en cas de disparition de tous les membres de la famille royale, et cela inclut évidemment le duc d'Orléans qui, bien entendu, les précède dans les droits d'accession au throne. Leur qualité de Princes du sang leur donneroit néanmoins une meilleure accessibilité au nouveau Roy et un possible roole dans une éventuelle régence. Mais je n'ignore point qu'après ma mort, l'on fera bien ce que l'on voudra, malgré mes désirs et précautions, et l'on fera ce que l'on jugera nécessaire.

La duchesse de Berry a un très mauvais caractère qui ne rend point sa compagnie agréable.

Louis