Lina
écrit à

   


Louis XIV




L'Édit de Nantes, les courtisans

    Votre Altesse,

Vous avez toujours suscité en moi de l’admiration et de l’affection car en lisant diverses œuvres relatant votre grandiose et incroyable vie, j’ai ressenti pour vous une grande affection, comme celle que l’on porte à un frère ou à un membre de sa famille.

Je me permets de vous écrire afin de vous demander la raison pour laquelle vous avez révoqué l’édit de Nantes. Bien que vivant dans un royaume où une religion est imposée, je pense que la liberté de religion est un droit de l’homme. Bien loin de moi la pensée de vous juger, je ne me permettrai jamais de vous faire un tel affront, mais vous sachant homme d’esprit, cet acte m’a paru pour le moins étrange.

Je souhaitais aussi vous demander: connaissiez-vous chacun des courtisans vivant à votre cour?

Veuillez croire en mon profond respect,

Votre dévouée servante,

Lina


Madame,

Un acte estrange? C’est moy qui ne comprends point que vous jugiez cet acte estrange. La religion catholique est la seule vraie religion et puisque les gens de la RPR se convertissoient en masse, l’Edict de Nantes n’avoit plus de raison d’estre. L’on m’assure que vous pouvez consulter mes autres correspondances avec vos contemporains sur ce sujet.

Pour ce qui est des courtisans, l’on me dit une excellente mesmoire et je n’oublie point un visage et un nom. Je crois pouvoir dire que je les connois tous, d’une façon ou d’une autre.

Louis


Votre Majesté,
 
Tout d'abord je vous prie de m'excuser de vous avoir fâché ou mécontenté. Ce n'était pas mon intention et je m'en trouve peinée.

Je voudrais ensuite vous questionner à propos de la Fronde. Vous étiez fort jeune à cette époque et peut-être que vos souvenirs sont un peu vagues mais j'espérais que vous puissiez vous entretenir avec moi sur cette période de votre vie.

Avec tout mon respect,

Lina


Madame, 

N’ayez point d’inquiétude. Je ne me fasche jamais et encore moins contre les gens tel que vous, madame, qui m’escrivez par le biais de Dialogus. Vostre curiosité est légitime et les années qui nous séparent empeschent une parfaite compréhension de nos espoques respectives. 

Mes souvenirs de la Fronde sont plutost clairs, malgré mon jeune asge, comme vous le précisez. Je veux bien respondre à vos questions sur le sujet, mais sur quel aspect voulez-vous que je vous entretienne exactement? 

Je vous donne le bonjour,

Louis


Votre Altesse,
 
Vous me voyez rassurée et j'admire votre parfaite compréhension.

Par rapport à la Fronde, je souhaiterais que vous m'entreteniez de votre sentiment par rapport aux nobles, certains frondeurs étant de haut lignage. J'aimerais aussi que vous me parliez de votre quotidien à cette période: c'est un aspect trop negligé par nos professeurs, de mon point de vue. N'est-il pas plus légitime de s'intéresser à vous, de la manière dont la fronde marquera votre règne?

l y a également un point que je souhaiterais que vous éclaircissiez: à quel âge se mariaient les jeunes filles à votre époque? J'espère que la question n'est pas déplacée ou inconvenante.

Très respectueusement,

Lina


Madame, 

Vous me posez là d'excellentes questions auxquelles il ne m'a point encore esté donné de respondre. 

Il y a deux points de vue par rapports aux Frondeurs de haut rang.  Il y a celuy que j'ay avec le recul et celuy que j'avois au moment de la Fronde, par mes yeux d'enfant.  Aujourd'huy, je regarde les evenements avec philosophie et je sais bien que les minorités royales sont l'occasion pour tous de tenter de s'approprier une partie du pouvoir du Roy. 

Mais au moment où tout cela se produisoit, j'estois un enfant ayant de l'admiration pour certaines de ces personnes et leur trahison me peina.  Par contre, j'appris énormement de ces événements, sur les gens et sur la façon d'agir en de telles occasions, sur la confiance et l'amitié, et sur le mestier de Roy.  Et c'est ce qui est le plus important.  J'ay pardonné à tous ces gens et lorsque j'accorde mon pardon, je le fais sincerement. 

Quant à mon quotidien, je continuois à recevoir mes leçons, dans la mesure du possible.  Mais il est bien évident que les événements me privèrent de recevoir l'éducation que j'aurois deue.  Et la guerre civile elle-mesme prenoit beaucoup de mon tems.  Ma mère et le cardinal vouloient m'esviter le plus possible de participer activement dans les evenemens, mais je suis le Roy et cela n'estoit point toujours possible.  Mon quotidien varioit donc selon ce qui se passoit dans le royaume et cela est tout à fait normal.

En ce qui concerne le mariage, cela depend.  Si vous traitez du sujet du mariage des jeunes filles nobles, cela se fait souvent autour de la quatorzième année, quoique parfois cela se fasse avant ou après.  Certaines jeunes femmes doivent attendre plus longtems. 

Au plaisir de vous lire de nouveau, je vous donne le bonjour,

Louis

Votre Majesté,
 
Tout d'abord, je tiens à vous remercier vivement pour ces intéressantes informations mais toutefois, il y a un sujet que vous avez abordé que je n'ai pas très bien compris: vous dites que Votre mère ainsi que Monsieur le Cardinal voulaient vous éviter de participer activement aux événements. Pourriez-vous expliquer ceci? À notre époque, les jeunes femmes se marient entre vingt et trente ans en général mais peuvent quitter leur mari par voie légale et se remarier. Cela a bien changé depuis le temps où les jeunes filles se mariaient à quatorze ans. J'ai moi-même cet âge-là et je ne pense pas le moins du monde au mariage!
 
Avec toute mon admiration,
             
Lina 


Mademoiselle, 

La Reyne ma mère estoit en charge de mon royaume pendant ma minorité, charge pour laquelle elle fut aidée entre autres et surtout par le cardinal Mazarin. Évidemment, puisque j’estois si jeune, ils auroient préféré me tenir le plus loin possible de ces troubles mais cela n’estoit point toujours possible, par le fait mesme que je suis le Roy, ma présence estant souvent nécessaire. 

Je vous souhaite un mariage d’amour, Mademoiselle, cela vaut sans doute mieux!
Je vous donne le bonjour,

Louis