Elia, marquise d'Artois
écrit à

   


Louis XIV

     
   

La Voisin, chambre ardente, réseaux 

   

Cher Louis,

Permettez que je me présente, Elia, marquise d'Artois. Si je me permets de vous envoyer cette missive, c'est afin d'éclairer mes pensées sur cette sombre affaire des poisons.

J'ai lu attentivement tous les messages qui vous sont parvenus jusqu'ici sur l'affaire mais je ne trouvais aucune de vos réponses vraiment claire. C'est pour cette raison que je me permets de vous écrire et me permets de poser les nombreuses questions qui me tourmentent l'esprit.

Tout d'abord, je voudrais connaître votre véritable opinion sur cette affaire. Je ne vous parle point de la marquise de Montespan qui fut de nombreuses fois accusée et dont je crois en la réelle innocence, mais je vous parle ici de votre point de vue.

Je voudrais ensuite savoir, sauf votre respect, le déroulement d'une audience dans la chambre ardente. Ensuite, je voudrais connaître votre opinion sur cette étrange femme qu'est La Voisin. Pour finir, on parle de réseau entre les faux monnayeurs et le milieu du poison. Pouvez-vous m'éclairer sur ce sujet?
 
J'espère que vous répondrez à cette lettre.

Avec mes plus respectueux dévouements.
 
Elia


Madame la marquise d’Artois,
 
Il est vray que les questions que vous me posez ici n’ont pas esté posées par vos contemporains et qu’elles ont quelque chose de rafraischissant, malgré leur sombre sujet.
 
Vous me demandez mon point de vue sur cette affaire. Je fus surpris et outré, Madame, qu’une telle chose puisse avoir lieu dans le royaume et si près de ma personne. Il n’y a point d’autre réaction possible qu’une profonde indignation. Cela est inacceptable et ne doit pas estre. Aussi, cela me toucha grandement et profondément.  
 
En ce qui concerne la chambre ardente, je n’assistay point à ces audiences et laissay mes représentants se charger de cette affaire. Il s’agissoit de faire la lumière sur cette malheureuse affaire.
 
Je n’ay point d’opinion sur la Voisin, autre que de la pitié pour son asme tourmentée.  
 
Une chose que cette affaire à permis d’éclaircir est entre autres les liens qui peuvent exister entre les criminels comme les faux-monnayeurs, que vous citez, les empoisonneurs et autres mauvais gens. Lorsque l’on est criminel, il n’est pas surprenant de l’estre dans plusieurs domaines.
 
Voilà, Madame d’Artois, les responses à vos questions. N’hesitez point à m’escrire de nouveau si vous en avez d’autres.
 
Louis