Mademoiselle Isabelle
écrit à

   


Louis XIV




La réforme de l'État en 1648

    Au Roi-Soleil qui rayonne sur toutes les provinces de France, je fais appel à votre grandeur et à vos lumières pour m'éclairer dans mes interrogations.

Parcourant la chambre de Saint-Louis je m'interrogeais sur le pourquoi du comment de la réforme de l'Etat qui fut adoptée en 1648.

Par ailleurs, lors de votre départ pour l'armée, les autoritées souveraines décidèrent de remettre en question les édits que Votre Majesté aviez formulés. Il s'ensuivit d'un soulèvement du peuple contre le Plessis-Génégault et Carnavalet qui se sauva très heureux. C'est ici que je fais appel à vos lumières pour m'expliquer pourquoi cette joie de s'enfuir!

Je suis infiniment reconnaissante à Votre Majesté de son attention.

Mademoiselle Isabelle

Mademoiselle Isabelle,

Ma mère la régente, appuyée par le cardinal Mazarin, avoit mis en place plusieurs mesures pour tenter de mettre un terme aux problèmes du royaume en ce qui concerne les finances. Il avoit entre autre esté décidé de créer une douzaine de nouveaux offices pour les cours souveraines.  Cela mécontenta les officiers, qui jugeoient déjà avoir d’autres sujets de mécontentement, comme la présence des intendants de justice et de finance dans les pays d’élection. Vous savez sans doute que les minorités royales ont de tous tems esté des périodes délicates pour l’autorité du roy et celle de ma minorité ne fit pas exception. Il falloit limiter les dégast et dans le but de calmer tout le monde, ma mère la Régente autorisa une réunion de députés des cours souveraines en la chambre Saint-Louis. Ceux-ci se crurent investis d’ un nouveau pouvoir -ce qui n’estoit pourtant point le cas- et crurent devoir réformer les finances de l’Estat. Ils firent des propositions dans ce sens qui furent acceptées par ma mère la Régente, qui souhaitoit mettre fin aux contestations. J’imagine que vous me parlez ici de cette réforme, entérinée par le lit de justice du 31 juillet et la déclaration du 22 octobre 1648. Croyez-bien que ces réformes n’alloient point dans le sens de nos désirs mais ma mère la Régente devoit tenter quelque chose.

Par contre, pour la deuxième partie de vostre question, de quel départ pour l’armée parlez-vous?  Lorsque je suis parti pour Saint-Germain au début de 1649? Ou encore lorsque je dus me rendre à Bordeaux? Ou encore lors des troubles contre le prince de Condé en 1652? Je vous rappelle que j’estoit un enfan alors et que cela fait plus de soixante-cinq ans!

Louis