Anaïs
écrit à

   


Louis XIV

     
   

La duchesse de Bourgogne

    Votre Majesté,

J'ai pu lire que le décès en 1712 d'Adélaïde, duchesse de Bourgogne, avait été votre plus grand chagrin.

Pourquoi? Bien qu'elle fût votre petite-fille, vous avez perdu également votre fils, deux de vos petits-fils et vos anciennes maîtresses, Louise de la Vallière et Athénaïs de Montespan.

On raconte qu'à la mort de Athénaïs, vous n'avez point été triste. N'a-t-elle pas été votre grand amour et la mère de huit enfants de vous?

Mes respects,

Anaïs



Madame,

Bien que la tristesse ne se mesure point, il est vray que j'ay beaucoup aimé ma chère duchesse de Bourgogne. Cette jeune femme remplie d'énergie, d'esprit, de répartie et de joie de vivre savoit apporter le bonheur autour d'elle. Elle auroit fait une excellente Reyne pour mon petit-fils. Sa jeunesse manque désormais cruellement à la Cour.

J'ay toujours eu le plus grand respect pour Madame de Montespan, qui fut la mère de sept de mes enfans. Mais après l'amour et la passion, le respect fut tout ce qui demeura de mes sentimens pour elle. Dire que je ne fus point triste est erroné. Cependant, elle appartenoit déjà au passé depuis bien longtems.

Je vous donne le bonjour, Madame,

Louis