Georges Huard
écrit à

   


Louis XIV




Je m'excuse de t'avoir appelé Madame


   
Montréal, le 28 avril 1967

Bonjour Louis XIV,

Lorsque j'étais à l'école, durant mon cours d'histoire, ma maîtresse m'a mis au coin parce que je disais que vous étiez la reine de France avec vos longs cheveux. Je me suis fait engueuler par ma maîtresse, et j'ai été traité d'impertinent. Ma maman me disait qu'un homme ça a les cheveux courts et qu'il faut aller chez le coiffeur.

Pourquoi n'allais-tu pas chez le coiffeur, comme tous les hommes. Si tu allais chez le coiffeur, au moins je ne me ferais pas engueuler par ma maîtresse.

Merci de répondre à ma question,

Georges Huard, huit ans.

PS: Mon coiffeur m'a demandé si j'allais avoir les cheveux longs un jour, je lui ai dit: «Jamais de la vie», il m'a dit: «Tu sais, si tu as les cheveux longs, tu seras chauve à 47 ans».
Mademoiselle Amandine

Mon petit Monsieur de huit ans,


Vous savez, la longueur des cheveux est une question de mode. Dans ma jeunesse, l'on me connoissoit une longue et abondante chevelure que l'on disait estre des plus belles de France. Mais sans doute vostre coiffeur a-t-il raison, puisque je perdis mes cheveux assez jeune pour devoir ensuite porter des perruques. Peut-estre devriez-vous suivre ses conseils?

Je vous donne le bonjour,

Louis


Rebonjour,

Voici le petit monsieur de huit ans, ayant 47 ans en 2006. Si vous avez vu la date de mon message daté de 1967,  vous voyez que je n'ai pas suivi les «bons conseils» de mon coiffeur, et j'ai les cheveux très longs depuis 1979. Comme vous voyez, je suis loin d'être chauve, et j'ai toute ma tête.

Tout cela pour vous dire que je me moque de la mode et de ses changements contradictoires.

Je garde mes cheveux longs parce que je trouve ça beau, et de plus j'ai  adoré les Fêtes de la Nouvelle France 2006, car je me suis tapé un séjour de trois jour à Québec. J'espère pouvoir y retourner l'été prochain.

Passez une bonne soirée,

Georges Huard devenu grand


Monsieur,


Comme le tems passe.

Vous me voyez ravi et envieux que le tems ne vous ai point enlevé vostre abondante chevelure.  Ce ne fut point mon cas et je dus me résigner assez jeune aux perruques.  Profitez-bien, Monsieur, de vostre chevelure pour tous ceux qui n'ont pas cette chance!

J'ay moy-mesme participé aux Festes de la Neuve-France en recevant plusieurs missives de vos contemporains, auxquelles il me fait toujours grand plaisir de pouvoir respondre.

N'hésitez point à m'escrire de nouveau, si vous avez d'autres questions.

Louis