Alexandre
écrit à

   


Louis XIV




Intolérance religieuse

   

Au bien-aimé Roi Louis XIV, roi de France,

Bonjour Sire,

Je ne sais si cette missive vous sera donnée en main propre, n'étant moi-même qu'un petit paysan de Nouvelle-France. Je suis le descendant de ces gens qui ont quitté la Loire pour s'installer dans les colonies. La vie n'y est pas toujours rose mais nous nous débrouillons bien.

J'ai eu l'occasion de lire certaines de vos lettres avec d'autres sujets. Vous dites que la religion catholique est la seule qui puisse être acceptée en France. Loin de moi l'idée de vous contredire mais il me semble qu'en chassant les protestants du royaume, vous les encouragez à rejoindre l'ennemi, c'est à dire l'Angleterre. Chaque jour, les colonies anglaises grossissent alors que notre population stagne. Ces colonies sont peuplées de beaucoup d'anciens sujets du royaume de France, protestants. Je me fais du souci en voyant tout cela. Si les troupes de l'ennemi continuent de grossir, il se pourrait qu'il nous déclare la guerre d'ici quelques années. Avec une population comptant plus de deux fois la nôtre. il pourrait être vainqueur. Je vous en conjure Sire, n'oubliez pas vos loyaux sujets de Nouvelle-France, acceptez les protestants et envoyez-les chez nous afin que nous soyons compétitifs face à l'Anglais. Ne nous abandonnez pas et songez à ce que vous pourriez accomplir en acceptant ces Huguenots. Ne vous fermez pas à cette suggestion.

Je reste votre serviteur dévoué,

Alexandre


Monsieur,

L’Esdit de Nantes a esté révoqué et les Huguenots ne sont plus tolérés, ni icy, ni dans ma colonie de la Neuve-France. S’ils ne désirent point se convertir, ils doivent quitter la France. 

Cependant, je puys vous accorder que vostre raisonnement n’est point tout à fait faux. Mais laissez-moy vous expliquer ce que j’ay toujours pensé au sujet de nos colonies. Le territoire de la Neuve-France est beaucoup trop grand et indéfendable. Nous avons déjà perdu quelques territoires lors de la dernière guerre et je ne crois point que cela sera la dernière fois. J’avois pourtant bien demandé à mes sujets de ne point prendre possession de plus de territoires. Mais maintenant que cela est fait, il me faut les garder et les protéger. Je ne me fais point d’illusion sur ce dernier point: mesme avec tous les soldats de France, je crois inévitable de perdre davantage de territoires dans l’avenir. À ce point, la présence des Huguenots n’y changeroit que peu de chose et ne feroit que diviser la colonie, comme la France le fut si longtems.

Louis