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Nicole
écrit à

Louis XIV


Couronnement


   

Majesté,

Il y a quelques semaines que je ne vous avais pas ennuyé avec mes demandes, mais vos médecins, tant décriés par monsieur Molière, n'étaient pas plus ignares que les nôtres, qui m'avaient découvert une maladie qu'en fait je n'avais pas!

Je vous écris tout simplement pour vous demander des précisions sur votre sacre. Arrêtez-moi si je commets des erreurs: vous aviez douze ans; c'est bien jeune pour une si longue cérémonie. Le sacre se déroulait en deux moments principaux: l'onction et le couronnement. Après avoir prêté serment vous avez reçu les insignes de chevalerie, soit les éperons, l'épée dans son fourreau; cette dernière vous a été remise par l'archevêque de Reims qui, après l'avoir sortie de son fourreau, vous la confiait pour vous permettre de l'offrir à Dieu. Qu'en faisiez-vous ensuite? Elle s'appelait «Joyeuse» je crois mais était-elle vraiment celle de Charlemagne? Puis, venaient l'onction et la pose sur vos épaules du manteau bleu fleurdelisé d'or. Le sceptre et la main de justice sont-ils ceux de votre grand-père Henri IV? Puis, le couronnement affirmait votre pouvoir royal. Cette couronne (celle de Charlemagne), trop lourde après avoir été posée sur votre tête, était remplacée par une autre, plus légère. Pour sortir de la cathédrale vous avez mis celle fabriquée spécialement pour vous. Pardon, Majesté, j'oubliais le collier de l'ordre du Saint-Esprit!

Voilà. Avez-vous quelque chose à ajouter ou une anecdote pouvant parfaire ma connaissance de votre vie?

Merci de votre patience à me lire. Dans ma bibliothèque, j'ai plus de cent livres vous concernant et je continue de m'en procurer.

Majesté, prenez bien soin de vous, car j'ai besoin de vous écrire encore longtemps. Croyez, Majesté, en toute mon admiration,

Nicole



Madame,

Les médecins de vostre tems ne semblent en effet point estre des différents de ceux du mien, s’ils vous decouvrent des maladies que vous n’avez point. J’ay souventes fois pensé que ce sont eux qui nous tueront...

Mon sacre eut lieu en 1654. J’estois alors dans ma seizieme année. Il n’y a point de couronnement à proprement parler. Il s’agit bien d’un sacre. Après les onctions, l’on remet au Roy les insignes du pouvoir et de la justice. Les objets du sacre sont conservés. Je n’ay point de raison de croire que l’epee du sacre ne soit point la véritable epee de Charlemagne. Le Roy mon grand-père n’a pu estre sacré à Reims. Je ne sais pas si les regalia sont les mesme qui ont esté utilisés lors de mon sacre.Je ne crois point avoir quelque chose à ajouter, sinon que cela fut un moment bien important pour le royaume et pour moy. J’en garde des souvenirs exceptionnels et empreints de solennité.

J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau,

Louis
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