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Prérana
écrit à

Louis XIV


Ce que je sais de vous


   

Votre Majesté,

Je viens de finir la lecture d'une biographie sur feue la reine Anne, votre mère. Cette lecture m'a beaucoup instruite sur les rapports que vos parents entretenaient l'un avec l'autre. Il est vrai que vingt-trois ans de mariage sans héritier était vu d'un très mauvais œil par le roi et la famille royale parce que cela favorisait complots et intrigues en tous genres. Ce livre fait aussi état des rapports de la reine Anne avec les cardinaux Richelieu et Mazarin, votre parrain. Le premier faisait tout pour qu'elle soit répudiée. En revanche, des mauvaises langues lui prêtaient une liaison avec le deuxième, ce qui, heureusement, n'était pas le cas. Mais ce que je vois, moi, c'est que la relation que vous et monsieur votre frère entreteniez avec elle était fusionnelle. Il est encore rapporté dans ce livre que, dans les premiers temps de votre mariage avec la reine, votre mère ainsi que votre femme sont tombées malades et vous passiez votre temps libre entre leurs appartements. Ou encore que vous jouiez au garde-malade auprès de la reine mère, avec votre frère. Excusez ma franchise, Sire, mais un roi est un roi, pas un garde-malade! Bien sûr, vous allez me dire qu'on est un fils avant d'être roi. Je partage votre avis sur le fait que la reine Anne doit être, et est au rang des plus grands rois. En un mot, sa seule préoccupation aura été de vous donner au royaume de France!

Sur ce, Majesté, je vous donne le bonsoir.

Votre fidèle sujette,

Prérana



Madame,

J’ay un respect infini pour la feue Reyne ma mère. S’il est vray que nos relations ont quelque peu souffert lorsque je pris moi-mesme mes affaires en main, je ne peux que lui rendre grasce du bon soin qu’elle a su prendre de mes affaires pendant ma minorité.

Je ne vous diray point que je suis un fils avant d’estre un Roy. La relation entre mon frère et ma mère estoit bien différente de la mienne. Cela estoit entre autres facilité par le fait que mon frère n’estoit point le Roy. Croyez-moi, lorsqu’on est Roy, l’on est Roy avant toute chose.

Louis
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