À votre gracieuse Majesté
       

       
         
         

Michel L'Hereault

      À votre gracieuse Majesté Louis le Quatorzième dit le Roi Soleil,

Pardonnez Votre Grandeur l'impolitesse de la plupart des mes compatriotes du Nouveau Monde. J'implore votre indulgence face à leurs abus dans le langage et dans leur totale manquement à l'étiquette de la cour.

Il faut les comprendre Votre Grâce, ils n'ont probablement jamais imaginé les fastes de Versailles! Mais leurs propos sont justes. Il faut combattre ces Anglais jusqu'à la mort ou la défaite! Et si vous me permettez de vous questionner ô mon roi sur votre attitude (qui n'est point questionnable) je vous demanderais pourquoi ne pas investir plus d'ardeur en Nouvelle-France? Ses richesses sont infinies et en se développant iront jusqu'à surpasser celles du royaume de France! Pardonnez mon manque de respect Votre Grâce mais l'avenir prouvera que j'ai raison.

Puissiez-vous écouter Colbert et mettre encore plus d'effort dans la colonisation. Je me prosterne devant votre grandeur et implore de tout coeur votre charité pour la Nouvelle-France!

Michel L'Héreault, «Habitant» de la bourgade de Longueuil sur les Terres de la Baronnie de Longueuil propriété du Baron Charles Lemoyne de Longueuil élevé à ce rang par vous-même.

 

       
         

Louis XIV

      Monsieur L'Héreault,

J'ay bonne mémoire du baron de Longueuil, et je suis bien aise de lire une missive d'un de ses habitants. Vostre attitude tranche en effet sur celle de vos compatriotes et je vois dans tous ces messages beaucoup de désespoir en ce qui concerne la colonie de la Nouvelle-France.

Je vous répondrai d'abord comme à eux qu'il m'est impossible de prédire quel sera l'avenir de mes colonies, ni de savoir ce qui sera décidé à leur sujet lorsque je n'y serai plus. Vous semblez tous dire que plus d'efforts auraient dû estre mis en Nouvelle-France. Peut-estre estes-vous placés de manière à voir des choses que je ne peux voir. Je crois fermement avoir mis en Nouvelle-France tous les efforts possibles pour son développement, développement nécessaire pour estre bien utile au royaume. Cette colonie en fait d'ailleurs partie intégrante. Et ce, malgré un contexte économique et politique souvent particulier, sans parler de la résistance de mes sujets à s'impliquer dans ses affaires et à s'y installer. Les initiatives de commerce connurent un certain succès, tout comme les efforts de colonisation, qui auroient sans doute esté plus élevés, sans les problèmes mentionnés ci-haut.

En terminant, laissez-moi seulement vous dire ceci: j'ay toujours pensé et je pense encore aujourd'hui en cette année 1715, que la Nouvelle-France est un territoire plein de possibilités et ayant un bel avenir devant lui. J'ose espérer que ces explications, comme celles données à vos compatriotes, vous éclaireront sur mes actions, mes intentions et mes espérances face à cette colonie.

Louis