Attitude face à la Nouvelle-France
       

       
         
         

Jean-Michel Dion

      Vous là vous allez m'expliquer quelque chose! Je suis un Québécois profondément frustré par votre attitude face à vos colonies. Comment avez-vous pu accorder si peu d'importance à vos colonies? Comment avez-vous pu investir tant de ressources dans votre maudit Château de Versailles et si peu dans la Nouvelle-France? Êtes-vous (ou plutôt, étiez-vous) stupide ou quoi? Il me semble que les territoires que vous possédiez en Amérique étaient beaucoup plus spacieux que votre petite France et que les ressources sur ces terres devaient y être proportionnellement abondantes... Je vous hais de toutes mes forces, je vous déteste, je vous abhorre, je vous exècre. À chaque fois que je vois quoi que ce soit d'américain, je me dis en moi-même, si Louis XIV n'avait investi que le centième de ce qu'il a englouti dans le Château de Versailles et dans son entourage, ce serait les Québécois qui domineraient le monde. Ce serait le français qu'on entendrait partout, et nous aurions assimilé les Anglais... Vraiment, vous êtes principalement responsable de tout cela et j'en suis très désappointé.

Ne prenez pas ce message trop durement, je ne suis qu'un Québécois frustré par l'état du monde, mon peuple dont la survie est menacée. Ainsi, une réponse serait très appréciée.

Jean-Michel Dion
Un Québécois nationaliste frustré de voir sa patrie seule contre toute l'Amérique anglaise...

 

       
         

Louis XIV

      Monsieur Dion,

Vous me voyez désolé de l'estat où vous me décrivez vostre nation, mesme si je ne crois pas savoir exactement quelle est cette nation dont vous entendez me parler. Cependant, je ferai fi de vos insultes et tenterai de vous respondre au meilleur de mes connaissances de l'estat actuel des choses en ce qui concerne les colonies et celle de la Nouvelle-France, dont vous me parlez et qui semble vous tenir à coeur.

Je vois dans vostre lettre plusieurs similitudes avec celle de Monsieur Larente. Je vous répondrai comme à lui que c'est sans doute sous mon règne que la Nouvelle-France s'est le plus développée, et ce sous tous les aspects, depuis le règne du Roy mon grand-père Henry IV. Pour tenter d'encourager la colonisation de ce vaste territoire, plusieurs moyens ont esté mis en oeuvre. Entre autres, l'arrivée de Filles du Roy en Nouvelle-France, l'encouragement fait aux soldats présents de s'establir dans la colonie et les contrats d'engagement. D'après les rapports de mes intendants, je peux vous dire qu'en moins de vingt ans, le nombre de colons establis en Canada a triplé. Cependant, le contexte économique autant que politique, et la résistance de plusieurs à quitter la France pour s'establir dans le Nouveau-Monde, ont malgré tout freiné les efforts entrepris. Des compagnies de commerces ont esté créées, ouvertes autant à la noblesse qu'à la roture. Elles connurent et connaissent encore un certain succès.

Pour respondre à un autre point de vostre lettre, sachez que les ressources investies à Versailles me servent, comme toutes celles investies ailleurs.

Il m'est impossible de prédire quel sera l'avenir de mes colonies, ni de savoir ce qui sera décidé à leur sujet lorsque je n'y serai plus. Ceci dit, je suis certain que dans tous les cas, mes descendants agiront avec les colonies de la façon qu'ils le jugeront nécessaire, dans les circonstances dans lesquelles ils évolueront.

Louis