Manon
écrit à

   


Louis XIV




Absence non voulue

   

Sire,

Que le temps passe vite... Déjà quelques mois que je n'ai pas eu de vos nouvelles. Je vous prie de m'excuser, mais ayant connu des soucis avec ma messagerie, j'ai du en changer et je n'ai donc pas reçu vos réponses!

Je suis Manon, celle qui vous écrivit dans un premier temps pour vous parler de mariage sans amour. Nos conversations s'enrichirent avec le temps et la dernière lettre que j'ai de vous est celle ou vous me demandez pourquoi nous sommes si grands en taille à mon époque, c'est-à-dire en 2011! Je m'empresse donc de répondre à cette question, en espérant que vous ne me tiendrez pas rigueur de mon retard impardonnable!

Oui, impressionnant, n'est-ce pas? Nous avons pris dans les vingt centimètres en trois siècles! Mais cela s'explique facilement, vous allez voir. Sachez tout d'abord que les famines sont quasi inexistantes en France (je dis bien en France!) de nos jours. Les évolutions sociales et économiques ont permis à ses habitants de bénéficier de soins médicaux et d'un meilleur approvisionnement en nourriture. Aussi, la création de zones économiques reliant la France à d'autre pays de l'Europe et même à l'Amérique aide à mieux faire circuler les denrées de première nécessité. Maintenant, tout le monde a accès à l'éducation, ce qui permet à tous (ou presque) de gagner sa vie efficacement et de pouvoir se nourrir correctement. Bien sûr, l'obtention d'une meilleure santé grâce à tous ces éléments n'a pas été possible en quelques années! Mais je dirais que, depuis la Révolution française, les idées des Lumières ont amorcé une civilisation meilleure et les personnes qui œuvrèrent à la liberté de tous ont aussi contribué à l'évolution stable et positive des Français(e)s!

Mais, dites-moi, comment allez-vous? Quelles sont les dernières nouvelles de votre royaume?

Je vous salue bien bas, en priant pour que mon retard soit pardonné.

Bien à vous,

Manon (quinze ans)


Mademoiselle Manon,

Quel plaisir de vous lire de nouveau! Bien que le tems ne passe point de la mesme façon pour vous que pour moy, je me doutois bien que beaucoup de tems s’étoit écoulé depuis nostre dernière correspondance.

Vous me voyez bien heureux de voir que les gens de vostre tems aient trouvé une solution pour enrayer les famines. J’aurois bien aimé connaître cette façon de faire! La famine est cruelle et il me brise le cœur de savoir que mes sujets ne mangent pas à leur faim. Mais qu’en est-il en tems de guerre? La France en connoist-elle encore? 

Je suis très occupé à respondre aux nombreuses correspondances de vos contemporains et je me demande mesme si j’auroi le tems de tout terminer avant demain… Je ne sais pas si cette magie se poursuivra longtems et je reçois sans cesse de nouvelles missives. Elles sont toutes très intéressantes et il me fait grand plaisir d’y respondre. 

J’espère avoir le plaisir de vous lire de nouveau, mademoiselle Manon. Je vous donne le bonjour!

Louis