Le Missionnaire
écrit à

   


Lilith

     
   

Vous vous rebellez?

    Je vois, Lilith, que vous restez sur votre position. Mais à nous deux! Ce sera un corps à corps et je vous garantis que vous n'aurez pas le dessus!

Le Missionnaire.

Pas de doute, vous êtes bien un fils d'Adam. Vous voir vous complaire dans le virtuel, ne peut provoquer en moi qu'un immense fou rire - peut-être d'ailleurs tout ce que vous êtes capable de déclencher chez une femme... Si c'est un défi, je le relève volontiers, mais méditez sur le pathétique de l'orgueil masculin, dont Freud a également beaucoup ri, tandis que vous serez seul en compagnie d'Ève, ou devrais-je plutôt dire de votre main droite...

L'Amazone



Que vous me décevez, Lilith; je ne sais pas trop de quoi Adam, mon arrière-grand-père, a pu se plaindre de vous auprès de Yahvé; pour ma part ce que j'aurais regretté à sa place, ç'aurait été d'avoir une femme incapable de comprendre les jeux de mots. Auriez-vous été élevée chez les Soeurs? dans votre cas, il faut convenir que le paradoxe serait bien fort. Enfin, dans cette affaire tout le monde se retire satisfait: vous avez eu votre fou-rire, ou votre gloussement (comme on voudra), et mes amis ont pu sourire discrètement devant votre naïveté de jeune fille. «Pour une bonne plaisanterie, disait Sacha Guitry ou un autre, il faut trois personnages: celui qui raconte, celui qui comprend... et celui qui ne comprend pas: le plaisir du second étant décuplé par l'incompréhension du troisième.» Merci de votre involontaire générosité.

Le Missionnaire

Missionnaire,

Ainsi la jeune succube qui s'est fait passer pour moi t'a fait rire? Heureux celui qui se retire satisfait d'une rencontre éphémère qui laisse un goût amer à sa partenaire. Quant à moi, je ne peux que sourire de voir que tu as dû renoncer à ta position pour jouir de cette petite fantaisie.

LiLiTH