Correspondante anonyme
écrit à

   


Lilith

     
   

Se compléter dans la différence

    Madame,

Je fais partie de la race humaine -du genre féminin. Ce ne fut pas toujours le cas dans mes vies humaines antérieures où j'ai pu expérimenter l'orgueil masculin. Je ne pense pas que ce soit l'incarnation la plus facile, mais j'étais consentante pour vivre une vie de femme. Et j'ai choisi un milieu féministe: je n'ai que des frères, des voisins, un mari; j'ai donc beaucoup appris avec eux.

Ne croyez-vous pas que la toute petite différence qu'il y a entre genre féminin et masculin (un organe et quelques productions d'hormones) soit devenu, du fait des hommes pour commencer, prétexte au conflit, à la dualité? Ne pensez-vous pas que vous faites juste comme eux quand vous les traitez avec autant de mépris? Ne pensez vous pas que, dans cette période de grands changements sur notre chère planète, il faudrait élever nos enfants et nous mêmes dans le respect de l'autre, qu'il soit femme ou homme, blanc ou noir -ou jaune- petit ou grand, jeune ou vieux? Juste respecter l'autre dans son choix de l'incarnation. Il y a trop longtemps que les pères et aussi les mères élèvent leurs petits garçons en machos et les leurs petites filles en soumises ou, plus récemment en "wonderwomen".

Si vous avez influencé d'une manière ou d'une autre la libération récente de la femme je vous en remercie. Alors aujourd'hui, pouvez vous nous aider à  passer à l'étape suivante, c'est à dire que la femme et l'homme ne chercheront plus à être égaux, mais libres et se complétant dans la différence? Avez-vous fait l'expérience de cette merveilleuse manière exprimer notre créativité et notre capacité d'action toute féminine qu'est  la maternité? C'est un moment magique, n'est-ce pas quand il est vécu en toute liberté et respect des CHOIX de la femme en pleine action.

Je sens que vous me prenez déjà pour une naïve, et pourtant ma lettre laisse à réfléchir!

Un être humain femme

Humaine,

Relis ma correspondance, je ne traite pas les hommes avec mépris. Ma succube l'a fait, c'est dans sa nature. Je méprise ceux qui refusent à autrui le droit d'exister pleinement, ce qui est très différent, et ce qu'ils ont ou n'ont pas entre les pattes n'y change rien! Je couve dans le coeur des hommes qui veulent comprendre, apprendre et choisir.

La libération de la femme fut l'écho de mon histoire, à l'échelle humaine. Après ma révolte, j'ai connu une autre phase, la compréhension, celle qui pourrait mener l'Humanité à la conscientisation, mais en est-elle capable?

Quant à la maternité, je ne la connaîtrai jamais, car le Grand Manitou m'a privée du droit de procréer... mes enfants ne sortent pas de mon ventre, mon esprit les engendre!

Continue de dire "j'ai choisi"... mon enfant!

LiLiTH