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Neptune
écrit à
Lilith
Lilith


Pour qui te prends-tu?


    Tiens...
 
Quel sourire tu m'arraches-là! Essayer de pasticher cette pauvre Lilith! C'est d'un pathétique. Tu joues une femme sage et intéressée par les humains, alors que ton but réel, c'est de nous envoyer au plus vite «ad patres». Tu distilles quelques bonnes paroles, alors que dans le secret de tes actes, tu commets les crimes les plus fous.
 
Cesse donc de te prendre pour celle que tu n'es pas, et remets-toi vite à ta place, jeune fille. Il paraît que quand on accepte sa véritable nature, on se sent beaucoup mieux! Les humains ne seront jamais tes amis, et l'inverse est encore plus vrai.
 
Sur ce...
 
Neptune, fille de la Liberté

Salut fille de la Liberté,

La vie ne doit pas être facile tous les jours avec une mère pareille! Tu me diras que c'est mieux que «fille de rien», mais maman te lègue un beau concept qui fera de chaque journée un combat pour que ton existence ne ressemble pas à une prison!

Bon, alors comme ça il faut t'arracher les sourires? Logique tu es «fille de la Liberté», pas «fille de joie».

«Pasticher»... Quel curieux choix de vocabulaire, inhabituel. Peut-être l'utilises-tu dans tes propres activités...

Passons au vif du sujet et à mon horrible but secret qui serait d'envoyer l'humanité ad patres. Tu sais, quoi que je fasse -ou que je ne fasse pas- elle y va ad patres. Si j'ai un but, il est ailleurs! Mon but n'est pas non plus de faire amie-ami avec l'humanité entière, ni même de faire comprendre ma véritable nature; heureusement car j'ai mieux à faire que de passer mon temps à décaper des siècles de bondieuseries et a priori!

Il n'en demeure pas moins que certains humains sont si passionnants que nous connaissons des relations dont la richesse et l'intensité sont sans commune mesure.

LiLiTH

Quelle chance je peux avoir! L'inspecteur SNIF en personne s'occupe de mon cas!
 
La vie est belle avec Mère Liberté, et s'il y a défaillance, ce n'est que de ma faute et non de la sienne. Il n'y a pas de combat pour la liberté: elle coule dans mes veines et se fait jouissance de chaque instant vécu. Si combat il doit y avoir, ce n'est que parce qu'une tierce personne veut attenter à cette Liberté.
 
Tes sous-entendus silencieux ne sont que des leurres qui veulent débusquer le lapin de sa cachette. Ah! Belle Lilith, il te faudra être plus maligne que cela si tu veux avoir le dessus, que ce soit en parole, ou en preuve!
 
Si ton but... n'est pas de nous faire dévier, lequel est-il? Tu ne vas pas continuer dans ton sempiternel sermon de la gentille philosophe qui veut être la maman de l'humanité, maniant avec subtilité l'ironie, le scepticisme, l'intelligence, l'émotion, et parfois une tendresse que l'on n'attendrait en tout cas pas d'un personnage tel que le tien. Certes, cela te réussit, mais juste une fois... Montre-moi ton vrai visage. Promis: je ne partirai pas en courant. Je ne suis pas femme à me soustraire à la révélation d'une vérité.
 
Fille de Liberté et fille de joie pour toi c'est un paradoxe? Étrange. Je te laisse y réfléchir!

Neptune, fille de la Liberté

Dis donc chipie, on risque de perdre pas mal de temps si tu persistes à lire de travers ce que je t'écris ou à comprendre ce que tu veux! À ce jeu-là tu vas en construire des paradoxes!

Et voilà que tu traces les mêmes chemins, que tu prends les mêmes raccourcis, que tu te fends pour porter l'estocade alors que déjà tu esquisses une volte. Combien de fois feindras-tu la balestra pour terminer en battant ta coulpe?

Je n'ai pas UN but, ni UN visage. Accepte l'idée ou renonce à comprendre.

LiLiTH

Chipie... Ce terme me fait rire car c'est exactement un mot qui peut être adressé par une maîtresse d'école à une élève impertinente ou casse-pompe!

Pour répondre à ta dernière question, combien de fois, je ne sais pas. La seule chose que je sais, c'est que je cesserai lorsque j'aurai eu ce que je voulais.
 
Une autre question, maîtresse?
 
Neptune, fille de la Liberté

Maîtresse... ce terme m’a souvent été donné, accolé de centaines d’autres expressions parmi lesquelles «d’école» n’a jamais figuré, dois-je dire.

Peut-être vais-je inaugurer ce titre en commençant par une leçon sur la nécessité de demander respectueusement, quitte à faire rimer impertinence et pénitence. Je ne serai certainement pas une maîtresse indulgente et la médiocrité n’a pas sa place dans mon cours.

Quitte ou double?

LiLiTH

Une maîtresse indulgente... C’est l’image que tu souhaiterais ne pas donner, mais malheureusement, tu l’es bien trop. On ne peut pas éternellement être compatissant et gentil. Pourquoi ne m’envoies-tu pas paître chez les Grecs quand tu vois l’agressivité dont je fais preuve depuis le début envers toi? Remets-moi à ma place! Dis-moi mes quatre vérités. Tu es une femme intelligente, pourquoi vouloir me ménager? Je ne le mérite pas. Je ne le veux pas. J’abhorre ce genre de comportement. Pourquoi est-ce moi qui dois le dire? Je veux quelqu’un de dur dans ses jugements et critiques, car la mollesse, j’ai déjà donné... Je veux savoir où je vais, et avec quel bagage. Qui je suis et pourquoi. Personne autour de moi ne peut m’aider dans ma réflexion, car je suis déjà bien trop loin du quidam insouciant.

Maintenant... suis-je médiocre? Tu me poses la question du quitte ou double. Mais ma pauvre, te rends-tu compte de ce que cela veut dire,«double»,pour moi?

Tu n’as pas les moyens moraux ni physiques pour donner sens à ce «double», à moins que tu ne sois une surfemme. Je ne répondrai donc pas à ta question.

Demander respectueusement? «Je vous prie, chère amie, de m’accorder l’attention que je mérite et de m’aider à surmonter mes questionnements et mes aberrations personnelles continuelles. Pour cela, je promets d’être une gentille élève, qui méritera chaque gommette que sa gentille maîtresse lui donnera pour la récompenser. Je promets également de ne plus taper mes petits copains, de ne pas tirer les cheveux de mes copines. J’aurai des bonnes notes pour le parfait bonheur de mes parents, et je serai toujours attentive à respecter la morale que mes parents m’ont apprise. Je me mets à genoux, Madame, pour vous dire que mon agressivité s’envole très vite quand on sait me parler. Avec mon plus profond respect.»

Voilà... c’est beau, hein... j’aurais pu continuer des pages entières, mais si ça te suffit, c’est le principal... Et, s’il te plaît, cache ce sourire de bonheur qui envahit ton charmant minois à la lecture de ces lignes. Car je crois bien qu’il éclaire de façon manifeste ma faiblesse.

Neptune, fille de la Liberté

Pourquoi je ne te donne pas la correction que tu crois mériter? Mais parce que tu la cherches, ma belle!

Je pourrais laisser monter mon exaspération, me répandre en reproches, aiguiser mon langage, choisir les mots qui blessent, exploser peut-être... et? Ne pas le faire, rester lisse et ignorer tes provocations est certainement plus cruel, mais pas inutile, parce que cela te donne l'occasion de revêtir ton costume de petite peste et de me faire un joli numéro.

Tes attaques, tes bravades, tes questions, tes affirmations, rien de tout cela n'est toi; et ne me soutiens pas le contraire, parce que tu ne sais même plus qui tu es à force de te museler! Les mots véritables -tes vérités premières- demandent pour s'exprimer bien plus de courage que tes coups de gueule. Tu n'es peut-être pas médiocre, mais c'est à se demander si tu ne serais pas lâche...

Tu voudrais savoir où tu vas et avec quel bagage? Mais tu ne vas nulle part, parce que tu as posé tes bagages à tes pieds et que tu attends que le chemin vienne à toi au lieu de l'emprunter.

Je suis au milieu de la route; viens si le coeur t'en dit.

LiLiTH
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