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 Loreline
écrit à

Lilith

Le serpent et la pomme


   

Bonsoir Lilith,

Merci de nous montrer le chemin de ta liberté.

Je ressens mes aspirations profondes sortant du fond de mon être et se montrer peu à peu, ne demandant qu'à exister en plein jour. Elles sont les pas qui guideront mon chemin, je l'espère, car elles sont intrinsèquement moi, et elles sont si claires lorsque je veux bien les écouter! C'est en écoutant le chant des sirènes que je découvre l'autre chemin que celui déjà tracé, ce chemin qui ressemble au vide vers lequel je me dirige, cet abîme d'un noir profond car rien n'existe mais où justement tout peut naître! Que de mes entrailles naisse la création. Qu'elle soit belle et libre, lumineuse.

Merci à toi et à ceux qui veulent bien nous guider. Demande et tu recevras... si seulement nous savions comment demander, et surtout que demander... qui sommes-nous? Que désirons- nous? Quels sont nos désirs cachés sous tant de peurs, tant de siècles de répression? Que reste-t-il de notre être profond qui puisse spontanément atteindre la lumière de notre conscience? La fin de la peur serait-elle le début de l'amour?

J'aimerais te poser une question à laquelle tu es sûrement bien placée pour répondre... la question de la pomme, celle qui fut présentée à Ève, la pomme de l'arbre de la connaissance du bien et du mal. Qu'est cette pomme? Que représente-t-elle? Pendant longtemps j'ai pensé qu'elle était le fruit de la dualité, le commencement du monde terrestre où existe le jour et la nuit, l'avant et l'après, l'ici et là-bas, tous les opposés qui divisent et complètent le monde, le monde extérieur et intérieur. Je pensais qu'avant la pomme, seule existait l'unité. Je pensais que c'était ça, le Paradis originel. L’unité. Et la sortie du paradis, le «Big bang» où le temps et l'espace sont nés.

Un peu comme le fœtus dans le ventre de sa mère qui n'est pas autre qu'elle. La naissance, c'était la pomme qui la provoquait. Et le serpent, la sage-femme. Et la vie hors du Paradis... la vie telle que nous la connaissons. Avec la peur née de la désunion «originelle». Et l'amour rappelant l'union, sacrée.

Je pensais qu'Adam et Ève étaient une parabole, plutôt machiste d'ailleurs...

Mais depuis que je suis venue visiter ce site, si Adam et Toi ont bien existé, ma conception ne tient plus la route...

Si l'homme et la femme existaient, le Paradis originel ne pouvait pas être l'unité absolue; cependant il pouvait correspondre à un monde de dualité équilibrée, harmonieuse. Équilibre et harmonie intérieure des premiers êtres humains, aussi. Ne connaissant ni la peur... ni la domination, ni le pouvoir puisque ce sont justement des pertes d’équilibre...

Je pensais alors la pomme comme l’événement ayant conduit à cette perte d'équilibre.

Et ton histoire, telle que je l'ai lue, vient contredire cette conception... Si le Paradis originel n'est ni unité, ni équilibre, ni liberté d'ailleurs... quelle est cette rupture qu'a pu engendrer la pomme? La connaissance du bien et du mal? Qu'est-ce?

«Les yeux de l'un et de l'autre s'ouvrirent, ils connurent qu'ils étaient nus», et s'en sont caché...

Cette connaissance serait-elle la représentation du bien et du mal, celle qu'on nous apprend par l'éducation, la culture, les religions? Est-ce le début des religions qui nous font concevoir un monde en noir et blanc, point de salut hors de leurs lois? Le début du jugement sur soi-même? et sur ce qui nous entoure, également? Je n'arrive pas à concevoir une idée qui me satisfasse... Peut-être parce que je n'ai pas trouvé en moi ce que je considère comme bien ou mal de manière universelle...

«Le jour ou vous en mangerez, vos yeux s'ouvriront, et vous serez comme des dieux, connaissant le bien et le mal.» Comme des dieux... Serait-il possible que croquer la pomme représente la possibilité du choix, choisir et donc modeler le monde qui nous entoure à notre image, y apposer notre marque, ce que nous sommes en y exprimant nos désirs et notre volonté? La possibilité de créer consciemment, les yeux ouverts sur le monde, sur nous-mêmes?

C'est une longue lettre que je t'écris... pas toujours claire ni bien construite, pleine de doutes et de questionnements... j'espère néanmoins qu'elle t'intéressera, ainsi que ceux qui pourront la lire sur ce site.

Que les yeux s'ouvrent, que la connaissance soit, que les hommes n'écoutent pas leurs peurs et cheminent dans les ténèbres vers leur propre lumière... si tel est leur souhait.

Je te souhaite ce que tu désires, bien que tu l'aies déjà peut être obtenu.

Merci,

Loreline


Loreline,

Ton long message est comme ta prise de conscience, un éveil, par déductions, par étapes... et à la fin de ta lettre je vois que tu commences à comprendre ce qu'est la pomme.

Avant la pomme, Adam et moi étions des enfants innocents. Nous n'avions pas connaissance de l'existence du bien et du mal; ces notions n'avaient pas de sens. Celui-que-je-ne-nomme-pas savait tout; nous n'avions qu'à l'écouter, suivre la voie qu'il traçait, sans nous interroger. Nous étions ses dociles animaux.

La pomme de l'arbre de la connaissance a fait de nous des humains, conscients. Car vois-tu, lorsque nous avons eu conscience de la notion de bien et de mal, nous avons aussi compris que nous pouvions choisir, orienter nos actes vers l'ombre ou la lumière. Et puis vint l'étape suivante: nous pouvions aussi décider de ce qui était bon ou mauvais., comme Lui.

La pomme nous a donné le libre arbitre.

LiLiTH

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