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L’ami d’Éliphas
écrit à
Lilith
Lilith


Insomnie


    Dois-je te remercier? Car j’ignore si tu avais pris possession de son corps ce jour-là. Etais-tu l’instigatrice de ce moment intemporel qui désormais me hante?

Si ta volonté se trouvait bien là, alors tu connais sûrement le sujet de ma requête.

L'ami d'Éliphas


N’est-ce pas là ce que tu semblais appeler de tes vœux? Les hommes qui prient devraient songer que leur prière pourrait être entendue.
 
La hantise a succédé à la lassitude. C’est douloureux, la hantise, c’est une plaie, mais la lassitude est une mort. Te voici vivant.
 
Souhaites-tu m’adresser une nouvelle prière?
 
LiLiTH


Une prière…
 
Les hommes qui prient croient-ils vraiment que leurs prières sont entendues? Cette foi existe-t-elle vraiment?
 
Si ce que je me plais à croire est réellement survenu, alors je n’ai plus besoin de croire car, désormais, comme Thomas, j’ai enfin pu plonger mes doigts dans ses stigmates, et désormais j’en ai la certitude.
 
Si une prière je devrais t’adresser, elle ne serait pas en ma faveur, mais pour l’une de tes filles. Celle-là même qui fut, durant un temps, ton réceptacle. J’ignore si tu as le pouvoir de changer son destin… J’ignore si cette requête comporte un risque, un prix…
 
Aurais-tu, ma chère, le pouvoir de maîtriser son sang pour qu’il cesse enfin de la tourmenter?


Pourquoi écouterais-je une telle prière? N'as-tu rien compris? Tu voulais éprouver, ressentir et quand je consens à entrouvrir pour toi la porte, tu te préoccupes de la clenche qu'il m'a fallu utiliser.

Les vaines prières ne m'intéressent pas, je les abandonne au crucifié. Élève-toi et je t'entendrai.

LiLiTH


J'ai éprouvé, j'ai ressenti et j'ai entrevu par l'interstice que tu as ouvert pour moi. Ainsi donc elle n'était que le verrou qui retenait ta porte close. De combien de serrures me faudra-t-il user pour franchir le seuil?

Qu'importe le nombre de serrures, si chacune est gardienne d'une révélation, d'une élévation. Je te souhaite de ne jamais avoir le sentiment d'avoir franchi le seuil, parce que ce jour-là tu cesseras d'avancer.

Connais mes enfants, mais surtout connais toi et vois en toi ce qui doit encore grandir, sans complaisance. C'est le début du chemin...

LiLiTH

 


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