Méta
écrit à

   


Lilith

     
   

il y a bien longtemps...

   
Il y a bien longtemps que j'ai fait votre connaissance, dans les livres. Ce qui me fascine le plus dans votre existence, c'est votre création. Non pas celle du Limon, mais celle du Verbe. Vous êtes en effet née d'une histoire, la plus vieille histoire du monde, vous appartenez au Livre Sacré. Mais aucune femme de ces temps reculés n'avait accès à l'écriture... et par conséquent à l'Histoire. Ainsi donc vous êtes née de l'imaginaire d'un homme qui vous a écrite et décrite. Et c'est cela qui est le plus étonnant. S'il vous affuble de tous les maux de la terre (ce qui vous rend bien «pratique»dans l'histoire) il ne vous en donne pas moins la Connaissance. Comment un homme de cette lointaine époque dans le contexte qui était celui de sa société, a-t-il pu par votre voix revendiquer l' «égalité»? Voilà donc l'écrivain anonyme le plus révolutionnaire de tous les temps (J'ai toujours préféré Lilith à Ève que je trouve vraiment tarte).

Bien à vous (là je m'adresse à l'équipe de Dialogus),

Méta

Méta,


Ma genèse est en effet fascinante, surtout si on a assez de recul pour en apprécier les différents niveaux de lecture.

On peut s'arrêter à l'apparente mise en garde faite aux femmes: voyez, viles créatures, ce qu'il advient de celles qui se rebellent.

Mais on peut aller plus loin, comme tu le fais, et penser à l'homme qui a osé écrire qu'une femme avait été l'égale de l'homme et qu'elle avait la connaissance du nom de Celui qu'on ne nomme pas. Cet écrivain anonyme, que tu salues, me fait penser à certains auteurs de romans philosophiques, ces «empêcheurs de penser en rond», qui nous offrent une question qui en fera éclore mille autres.

Je sais aussi que tu as mené la réflexion plus loin, échafaudant des hypothèses, cheminant sur les sentiers des possibles, rebroussant chemin pour repartir aussitôt. Quelle intéressante exploration!

LiLiTH